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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 05:02

Penchons-nous aujourd'hui sur le livre de Françoise Coulmin : "Sans espoir, je cède à l'espoir", éditions la feuille de thé...

  1. Françoise COULMIN : Sans espoir je cède à l'espoir (La feuille de thé)

Ce livre est ce qu'on appelle une somme, une sélection, un « best of », en bon français, une anthologie personnelle. On imagine l'ampleur de la tâche pour Françoise Coulmin et les déchirements auxquels elle a dû faire face à l'heure des choix.

C'est qu'il n'est pas facile de se dédoubler, de prendre de la distance par rapport à ce qu'on a écrit soi-même. Surtout devant une œuvre aussi dense, kaléidoscopique, répartie sur près de 35 ans. « Électron libre et rebelle », (cf. présentation sur le site du Printemps des poètes), Françoise Coulmin signe ici un florilège de haute tenue, balisé par 45 poèmes « incontournables » et précédés d'une préface de Jean-Pierre Siméon, excusez du peu. Infatigable militante, elle défend farouchement la cause et la parole des plus humbles, des exclus, des réfugiés et tout naturellement des femmes. En commençant par notre aïeule Lucy : …/..Moi Lucy ultime couchée long la grande femme Afrique / premier homme / crâne ouvert aux étoiles.../... En poursuivant avec Celle qui marche.../... Enfants des cinq couleurs / je vous ai arrachés aux délires / et vous cherche un lieu sûr / pour y laisser souffler vos langues.../... Le ton est grave, presque solennel, toujours en empathie...

Cela n'empêche pas l'humour des parenthèses plus légères et très piquantes pour évoquer les banquiers, « les financhiens », les mannequins ou un certain type de poète : « intrigant, intolérant, suffisant, pompeux, pontifiant.»... Sans oublier l'évocation des racines, la géographie intime, les traces qu'on laisse sur son chemin : « Même humble / un poème abandonné tout seul / à la lune / aux renards et limaces / pourrait s'en trouver offensé. // Mais qui sait si d'aventure / quelque passant / ne l'enrichira pas de mots d'amour / pour l'aider quelque peu / à consoler le monde. //

Il est à noter que les poèmes de Françoise Coulmin bénéficient d'une large audience, comme en témoignent leurs nombreuses publications à l'étranger : Belgique, Suisse, Italie, Grèce, Québec, U.S.A., Amérique du Sud, etc. Gageons que sa poésie fraternelle contribuera à "céder à l'espoir..."

1- photo : blog biloba / 2- lalibrairie.com
1- photo : blog biloba / 2- lalibrairie.com

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commentaires

C
Pertinent et chaleureux commentaire de Jean-Claude Touzeil qui epuis de multiples années anime et donne souffle à des poètes de province ou d'ailleurs, notamment par des chemins écoliers, donnet à entendre de la poésie - des poètes - que leur vie ne conduisent pas à forcer les portes de la "poésie parisienne" qui a le mérite de donner reconnaissance à la poésie parisienne, mais qui , de ce fait, rendent silencieuse, où peut s'en faut en viennent à ignorer les poètes de province, au risque de les néantiser. C'est pourtant un terreau essentiel, la où de toutr éternité la poésie s'est fondée . C'est chacun le sait, dès qu'il examine l'histoire, un champ élargi de la poésie, qui donne consistance à la culture locale et donc
mondiale.
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T
Merci, Pierre (je suppose que c'est toi qui interviens ici...)...
Y
Voilà bien un titre à trotter dans la tête toute la soirée.
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T
Eh oui, le paradoxe peut aussi être un moteur poétique...
F
un bon conseil
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T
Je crois bien que oui, moi aussi...
T
ainsi on peut lire des poèmes sur des feuilles de thé
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T
C'est peut-être ça, le miracle de la poésie...