(image : bretagneaucoeur.com)
Pour faire connaissance, voyez ici.
Vient de paraître, aux éditions Rafaël de Surtis, dans la collection "Visages de poésie" :
le livre de Jacques Basse : Xavier Grall parmi les siens, avec une préface de Marie-Josée Christien.
(image : agencebretagnepresse.com, au crayon : jacques basse.)
Cet hommage rassemble plus de cent poètes venus d'horizons multiples, certains classés proches de
Xavier Grall, voire "compagnons d'encre" comme Glenmor, Guillevic, Perros ou Le Gouic, d'autres qui furent lauréat(e)s du prix qui porte son nom comme Nicole Laurent-Catrice ou Marie-Josée
Christien et d'autres enfin - les plus nombreux -, simples poètes dont l'écriture ou l'engagement s'inscrivent dans le formidable élan rebelle créé par le "barde de Botzulan" comme Michel Baglin,
Marc Baron, Françoise Coulmin, Abdellatif Laâbi ou Jean-Noël Guéno.
Je voudrais faire un poème
puissant
un poème de hurlement contre le cri
nu comme le dénuement
violent contre la violence
saccadé des dernières prostrations
sur une barque grillée de soleil
un poème d'esclave contre les nouveaux maîtres
et d'impuissance
contre toute nouvelle super puissance
de pauvreté contre la corruption
de gosse floué qui vieillit sans avenir.
Un poème terrible
de peur de souffrance
et de soumission
qu'on écartélerait
sur les murs et les barbelés de la honte
éventré comme un grabat ensanglanté
un poème insensible
comme une kalachnikov
et provocant comme un paradis fiscal
un poème de désinformation
et d'abêtissement
de napalm et d'irradiation
contre tous les hyper religieux.
Un poème d'onguents de baumes
et de paroles
comme celles
murmurées à l'oreille des enfants
un poème humble
de grande dignité
qui manierait l'humour et le rire
et qui ne serait plus sur le qui-vive
clamant au vent comme une torchère
fou comme une danse de retrouvailles
et sans colère.
Un jour je le ferai.
Françoise
Coulmin
(Pendant qu'il est encore temps, le Temps des Cerises.)