Avec l'automne, c'est le retour des revues de poésie qui se rappellent à notre bon souvenir, comptant sur notre ré-abonnement ou notre soutien militant pour continuer leurs aventures éditoriales...
Un petit coup de projecteur sur quelques-unes parmi beaucoup d'autres :
- Cairns n° 37 : animée par Patrick Joquel depuis belle lurette, imprimée par Yves Artufel (Gros Textes), c'est une des rares revues à fréquenter les écoles... Thème de ce numéro : Un peu d'humour.
Adresse : Les éditions de la pointe Sarène 5 Traverse de l'orée du bois 06370 Mouans-Sartoux.
- Portulan bleu n° 47 : Martine Magtyar aux manettes, logistique des Voix tissées, participation à de nombreux salons et rencontres autour de la poésie. Thème choisi ce mois-ci : le rêve.
Adresse : éditions Voix Tissées Maison des Associations 105 avenue A. Briand 92120 Montrouge.
- Texture n° 6 : Les amis de Michel Baglin poursuivent un compagnonnage admirable, bien dans l'esprit de celui qui n'est plus, mais dont la poésie demeure vivante et fraternelle. Thème en 2025 : les lieux.
Adresse : texture.amb@gmail.com
- Fraterniser : Anthologie poétique (La chouette imprévue) : une équipe collégiale met tout son savoir-faire au service de petits "bijoux" de bibliothèque. Thème = idem titre.
Adresse : www.lachouette imprevue.com
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C'est très aléatoire
sans carte
ni GPS
C'est très aléatoire
d'aller à Thouars
je préfère
je vous le dis sans détour
faire un saut
pour aller à Tours
ou faire un tour
pour aller à Sceaux
sauf s'il pleut à seaux
auquel cas
je reste chez moi
Salvatore Sanfilippo
(Cairns 37, page 50)
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Son rire
tenait en échec
la cruauté du monde
Sovimanga
(Cairns 37 page 31)
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Courir
à perdre haleine
après mes rêves
(et) ne jamais les rattraper
Chantal Couliou
(Portulan 47, page 57)
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L'employé
On m'a donné
un emploi du temps
comme c'est tentant
de croire que le temps
peut avoir un emploi
il ne s'emploie pas le temps
il se déploie
il s'espace tant
qu'il me prend tout mon temps
il est libre
et plus que libre
il est
et puis c'est tout
Rien ne sert d'employer le temps
il ne fait que passer
Roméo Fratti
(Portulan 47, oage 52)
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Pointe de la Hague
Quand l'immensité épouse l'air du temps
mes yeux cherchent encore
Quand la brume se soulève
au-dessus des bocages et des murs de pierres
je ne sais toujours pas aller et venir
malgré la mer que l'on devine
au bout de l'allée
rumeur diaphane de magnificence
Seul le cormoran
immobile sur son rocher
sait attendre de longues heures
ce qu'apportera
la déroute des jours
La joie d'être là au creux de ce monde
qui ne sait toujours pas ce qu'il y a
au bout de lui-même
Annie Coll
(Portulan 6, page 69)
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marche sautille et vole
farouche amie merlette
défends ton territoire
défie les pies du pin parasol
et les étourneaux du mûrier
reste immobile sur le sol
à l'abri sous les pyracanthas
proche de ta nichée
tu es ici chez toi
Georges Cathalo
(Texture 6, page 21)
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Unisson
à l'entrée nulle clef
on ouvre la forêt
les oiseaux et les arbres
se déplient
inséparablement
becs et branches
avancent
quand la mer brûle
de l'autre côté
c'est une autre manière
main dans la main
de chanter
Samuel Martin-Boche
(Fraterniser, page 17)
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Geist du bord de mer
Dans le ruban de myrte au-dessus de la mer
le barman jongle avec les bouteilles. Tous, en passant,
s'étonnent tant l'homme
noir, sous la toile, défie les mélanges. Alcools
de paysages, couleurs nomades et visages éblouis
mêlés au verre du vent dansant,
sous la main du barman. C'est lui que l'on reconnaît,
sa dextérité laissant croire que même le bord
est un sol ferme. Il fait de nous ses fils, il
nous sourit sans nous connaître, certain
dans les vapeurs de l'esprit, de sa paternité.
Fabrice Farre
(Fraterniser, page 25)
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