Trouvé cette expression dans le Dictionnaire normand-français, éditions Norep :
"envier à ch'nope"
Si vous ne la connaissez pas, je vous propose trois possibilités :
1) ch'nope, contraction de chenope, est un récipient de capacité variable selon les régions, susceptible de contenir un liquide, proche ou équivalent de la cervoise.
Des Normands pensent que ce mot est à rapprocher de hanap, d'autant plus qu'une commune de l'Orne porte le nom de "Vingt Hanaps"...
Exemple : "- Tu bois une ch'nope ?" (Pierre Brasseur)
2) ch'nope est un encouragement crié à un sportif en compétition, correspondant à peu près à : "Allez !", "Vas-y !", "Bravo !"
Dans la Suisse auvergnate (Eh ! quoi, on a bien la Suisse normande...), quand le Tour passe par là-bas, on entend distinctement sur les bas-côtés de la route : "Ch'nope ! ch'nope ! ch'nope !..."
3) ch'nope, c'est simplement le lit dans lequel on dort. Ce mot, principalement en usage dans le Val de Saire, viendrait du nom, légèrement déformé, d'un fabricant de bat-flancs, un certain Chenopied, célèbre en son temps dans la Manche.
Exemple : "L'fisset est co' rintré dans la chivyire à rouelle hyère au sé, i' n'pouvait pus marchi reide byin. J'l'ai envié à ch'nope..."
(ce qu'on peut traduire approximativement par : Le fiston est encore rentré en brouette hier soir, vu qu'il ne pouvait plus marcher correctement. Je l'ai envoyé au lit.)