Avec La vieille 4 L sert de remise aux prunes bleues de Christophe Jubien (je vous conseille de plonger dans ce livre au passage...) que j'avais commandé chez Gros Textes, Yves Artufel, le patron de la maison, m'avait glissé quelques marque-pages avec des poèmes dessus...
J'en partage un ou deux avec vous :
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Pierre Tréfois
(Tropique du suricate,
éditions Gros Textes, 2012.)
Gros titre dans la presse : André Breton quitte la prison ! C'est un scoop et, pour une fois, on peut le dire : c'est complètement surréaliste !......
Ajoutons pour ceux qui viennent d'une autre planète, qu'André Breton fut une sorte de pape du surréalisme, auteur de différents Manifestes, de Nadja et de Clair de terre...
Précisons enfin qu'il est né à Tinchebray (Orne), une ville toute proche de chez nous, en 1896...
Il n'a rien à voir avec Saint-Herblain, la preuve ici : http://www.ouest-france.fr/moi-andre-breton-medecin-st-herblain-3586759
Du coup, deuxième scoop : André Breton médecin !
Soyons juste, il fut médecin militaire (cf. Gilbert Guiraud, André Breton, médecin malgré lui, éditions l'Harmattan)
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"Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison." (A. Breton, Union libre.)
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En octobre 1921, André Breton se rend à Vienne pour y rencontrer Sigmund, le “plus grand psychologue du temps”, mais revient fort déçu de son contact avec l’ “une des agences les plus prospères du rastaquouérisme moderne”. Au lieu du Dieu espéré, il n’a trouvé qu’un “petit vieillard sans allure qui reçoit dans son pauvre cabinet de médecin de quartier. Ah, il n’aime pas beaucoup la France, restée seule indifférente à ses travaux... " (spp.asso.fr)
Dans la série estivale rituelle, "à voir et à revoir", je vous propose un article déjà paru sur ce blog en juillet 2014, à savoir bellépharine (vous pouvez cliquer en dessous de la date sur le mot)
26 juillet 2014
Curieux mot que ce bellépharine, largement snobé par les moteurs de recherche les plus performants et les dictionnaires les plus pointus.
Interrogeons l'étymologie : vous n'ignorez pas, bien sûr, que Bellérophon est celui qui dompta Pégase. (Dans l'intimité, on l'appelait "Bellé"). Quant à Pharine, c'est un boulanger arménien qui avait l'habitude de passer ses vacances à Byzance.
On comprend mieux que Bellépharine (avec un B majuscule) était, chez les Grecs, la déesse de la poésie lyrique et du poisson pané. Parmi les ruines d'un temple qui lui était dédié sur l'île de Fourni, on a récemment retrouvé les vestiges d'un four à pain.
Le nom commun bellépharine (féminin) a plusieurs sens :
1- variété d'épingle à nourrice, très utile à ceux qui souffrent d'une mauvaise vue dans la mesure où elles sont dotées d'un ingénieux système de clignotants.
Exemple : "Dejka, tu pourrais me passer deux ou trois bellépharines pour que je finisse d'habiller ton frère ? Merci, ma fille." (Jeton Kelmandi)
2- mot de passe des maquisards albanais pendant les années de plomb et de pain noir.
Exemple : "La bellépharine, la bellépharine, la bonne tisane pour le froid." (chanson à la mode à cette époque-là.)
3- partie de l'oreille interne mal définie dans sa fonction intrinsèque et qui fait encore l'objet de recherches actuellement.
Exemple : " - c'est grave, docteur ?
- non, tranquillisez-vous, juste une bellépharine légèrement enflammée. Un bain d'oreilles à l'eau pétillante pendant une semaine et vous serez guéri.
- comment ?"
(Jules Romains, Le petit-fils de Knock)
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Notons qu'aujourd'hui bellépharine existe au moins virtuellement : cinq renvois vers notre blog !
Ajoutons qu'en guise d'illustration, je vous ai concocté un rébus très approximatif...
Coup d'oeil dans le rétro pour continuer à compléter la biblio...
En 1999 paraissait un "livre" minuscule, Mesclun, aux éditions associatives Clapàs, dans la collection "Franche-Lippée", numéro 151. L'ami Daniel Clérembaux y écrivait une préface particulièrement élogieuse que je n'ose reproduire ici...
Les poèmes qu'on y trouve étaient alors plus ou moins inédits. On les retrouvera au hasard des publications suivantes...
L'autre jour, à Rochefort-sur-Loire, j'étais le voisin de Patrice Maltaverne, ci-devant factotum de la revue "Traction-Brabant" (un clic par ici : http://traction-brabant.blogspot.fr/ ) et des éditions Le Citron Gare (un clic par là : http://lecitrongareeditions.blogspot.fr/ )
Soucieux de découverte, j'ai fait l'acquisition sur son stand du livre de Marlène Tissot : Sous les fleurs de la tapisserie, éditions Le Citron Gare, prix Copo 2015.
Eh ! bien, c'est du tout bon ! Une écriture franche, directe, qui bouscule parfois, mais qui ne s'interdit ni la tendresse ni les pointes d'humour. Un regard subtilement féminin sur le monde comme il va (mal). Une valse-hésitation permanente entre rêve et réel...
Deux poèmes pour vous faire une idée :
Celui qui essayait d'être un homme comme les autres
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Un de ces quatre matins
il le sait bien
il chamboulera l'ordre établi
il punaisera la lune en haut d'un building
pêchera des sourires dans une rivière orange pulpeuse
il fera sonner son réveil à trente-deux heures soixante-dix
pour observer la pluie de rêves filants
il picorera l'amour dans la gorge des oiseaux
boira l'été indien sans paille
scalpera les rayons du soleil
il ira nu arpenter les rues et
redonnera vie aux chewing-gums écrasés
en leur faisant, peut-être, du bouche-à-bouche
et puis un soir il épousera une colombe en robe d'été
à la lueur d'une catastrophe nucléaire
ou d'une aurore boréale, il hésite encore à ce sujet
mais pour l'instant, il doit
se raser
se doucher et
arriver à l'heure au bureau
(M. T.)
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Celle qui se cache sous les fleurs de la tapisserie
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Je ne sais pas trop pourquoi
je mens et ce ne sont pas réellement
des mensonges mais plutôt des choses
que je passe sous silence
la peau de mon âme qui refuse
de se dénuder
comme si parler de moi
me faisait froid en dedans
alors je me tais
je me fais toute petite
planquée sous les fleurs de la tapisserie
et quand on m'oublie enfin tout à fait
j'invente des histoires
pour mettre le feu à la paille des jours
pour faire mon intéressante dans la solitude
des pages à carreaux
(M. T.)
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Un troisième poème pour faire bon poids :
Script
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Les jours où je ne
comprends plus rien
je me dis
peut-être qu'on vit tous
dans une série télé
peut-être que j'ai juste
oublié d'apprendre
mes répliques
peut-être que je suis
restée coincée
dans la coupure pub
(M.T.)