Histoire sans paroles (photos : flora)
Histoire sans paroles (photos : flora)
Bon, je ne suis pas objectif, c'est certain... mais n'est-ce pas le but même de cette modeste rubrique que d'être subjective ?
Bref, j'aime beaucoup ce livre : Joann Sfar : Chagall en Russie, 2 volumes chez Gallimard.
Pourquoi donc ? Simplement parce que vous avez Sfar et Chagall en même temps. Fromage et dessert !...
Le plaisir de retrouver un dessin libre, décontracté, une histoire merveilleuse, un peu folle parfois, mais toujours poétique et des références à Marc Chagall. Même et surtout si ces livres ne racontent pas sa vraie vie (puristes s'abstenir !)...
L'occasion pour Sfar de dénoncer pêle-mêle la société patriarcale, les pogroms, le régime communiste, la guerre ou de régler des comptes avec les contradictions de
la religion... De revisiter le mythe de Roméo et Juliette... Sans oublier de faire, de temps en temps, un clin d'oeil au lecteur...
Si vous voulez une analyse plus fine que la mienne, allez voir l'article des Inrocks, ici.
En attendant, je vous mets une demi-planche et les couvertures...
(image : petitesmadeleines.hautetfort.com)
(provence.guideweb.com)
A l'invitation de l'ami Michel Lautru (et de son épouse Jacqueline), je participerai aux journées du livre de Sablet (Vaucluse) les 16 et 17 juillet prochains.
Consultez le site officiel : Salon du livre de Sablet.
Vous verrez le nom des "locomotives", très nombreuses et très "locomotives"...
Et si votre chemin de vacances passe par là (on est tout près d'Avignon), je serai ravi de vous faire découvrir les petits wagons de la poésie...
Un envoi d'Yves a pris place dans "le cahier de Flora" :
Deux sous d'explication peut-être ?
L'armoire, c'est la photo de droite, une "Viroise" du XIX° siècle (fndpsa.fr) :
L'armoise, celle de gauche (01sante.com) :

(livres.fnac.com)
Non, ce mot qui nous sert de titre aujourd'hui, n'est pas un mot que j'ai inventé. S'il n'est pas d'un emploi très fréquent, il existe bel et bien...
Allez, on prend sa respiration pour le prononcer : hexakosioihexekontahexaphobie.
Bon, ensuite, on repère assez vite le suffixe -phobie qui veut dire peur ainsi que deux fois hexa qui signifie six. On arrive ainsi au sens complet : l'hexakosioikontahexaphobie est la peur maladive de tout ce qui a rapport avec le nombre 666.
- Pourquoi donc ? me direz-vous.
Il faut en chercher l'origine dans l'Apocalypse de Jean, chapitre 13, verset 18. C'est là qu'on évoque le "nombre de la Bête" ou "chiffre de la Bête." Des détails un peu partout, par exemple, ici.
Voilà, vous allez pouvoir briller en société maintenant, d'autant plus que vous ne manquerez pas de placer cette citation :
"J'ai rencontré bien des gens bizarres dans ma vie, des qui souffraient de bitrochosphobie et qui fuyaient les bicyclettes comme la peste, d'autres de coulrophobie, qui ne seraient jamais allés au cirque de peur d'y voir des clowns, et même de paraskevidékatriaphobie, qui restaient enfermés chez eux chaque vendredi 13. Mais, à ce jour, je n'ai jamais vu de personnes se plaignant d'hexakosioikontahexaphobie." (Donald Manual Doctor, The very small Encyclopedia of phobias, Curious Publishing).
(nintai-oni.deviantart.com)
Un poème déniché dans le Calendrier francophone (Alhambra Publishing) :
REVEIL
Gaspard, votre meule tourne.
Votre alène est aiguisée.
Votre tranchet repassé
Fait une moitié de lune.
L'eau du puits est bonne à boire.
L'arrosoir n'est point percé.
Je gage que vos fraisiers
Donneront des fruits ce soir.
J'ai mis un manche à la bêche.
Il y a dans le jardin
De quoi nourrir vingt lapins
Pendant plus de vingt semaines.
Votre haie n'a plus de trous
Pour les poules du voisin.
Vos salades ont besoin
De sel, de vinaigre et d'huile.
Hé ! Gaspard, êtes-vous sourd ?
Cette rose épanouie
Que pour vous deux j'ai cueillie
A l'arbre des anciens jours,
Vous la mettrez dans un verre,
Lorsque nous aurons trinqué
Tous les trois à l'amitié
Du raisin pour le soleil.
Georges Chennevière
(1884 - 1927)
(rue89)
Extrait des Apocryphes (éditions Traces*) :
Après celle du Pont-Neuf à Paris, le sculpteur Christo prépare une nouvelle action médiatique à Lamballe (Côtes d'Armor).
(pedagogie2.acreunion.fr / dunes-atlantide.over-blog.com)
* La revue Traces, animée depuis des lustres par Michel-François Lavaur, vient de s'arrêter.
Il est quand même possible de les retrouver (la revue et le poète) sur Internet, en cliquant par ici.

Aujourd'hui un mot plus ou moins normand, le verbe gricher.
Notre petit ami Robert l'ignorant, il faut donc aller voir du côté des cousins du Québec.
Le mot existe bien là-bas, comme en témoigne cette phrase relevée sur un forum, je cite :
" Bonjour,
Mon chum griche souvent des dents la nuit et j'aimerais bien savoir de quoi c'est dû et si c'est possible de lui faire arrêter ça puisque ça
m'énerve pas mal!!!! "
Le sens est donc ici grincer des dents, mais il en a aussi beaucoup d'autres : voir ici.
En normand, on connaît gricher depuis longtemps. Voir à ce sujet le Glossaire du patois normand de Louis Du Bois, publié en 1856 :
- gricher : faire la griche, c'est-à-dire témoigner d'un mécontentement par une attitude boudeuse. (Autrement dit, faire la grimace.)
Je me souviens avoir souvent entendu ce mot dans la conversation courante autour de moi, mais rien ne vaut une bonne citation.
"Si vous ne voulez plus gricher sur la photo, portez donc des lunettes de soleil." (Louis XIV)
+ Bonus : une illustration :
(poptrois.unblog.fr)
N'allez pas croire, en vous fiant à son nom de baptême, que ce chêne, le Quercus macon, possède une silhouette de bouteille de bourgogne*...
C'est un chêne hybride, résultat d'un croisement entre le quercus frainetto et le quercus macranthera. (Avec un peu de patience, vous devriez retrouver ces deux chênes dans la rubrique "Arbres et arbustes".)
(image Internet : esveld.nl)
Assez peu de renseignements par ailleurs. Parfois, Mâme Gougueule joue les grandes muettes. Il faudra donc, pour une fois, vous contenter de cela...
+ cette photo des feuilles (esveld.nl)
Sachez enfin que vous pourrez voir un chêne macon à 1 kilomètre du bourg de Ségrie-Fontaine, au lieu-dit Calvaire du chemin de la Poterie. C'est un sujet splendide, l'un de nos plus beaux "pensionnaires"...
* bon à savoir : pour compliquer les choses, il existe, parmi les vins de Bourgogne, un domaine chêne Mâcon... A voir ici.
(photos : flora)