"La camarde nous poursuit d'un zèle imbécile.../..." chantait tonton Georges dans sa Supplique... En ce moment, c'est du harcèlement ! Pas possible, la faucheuse fait des heures supp' !...
Début avril, nous avons appris la disparition de Jean Foucault. Poète, éditeur, chercheur, animateur, lecteur, il bâtissait sans cesse mille projets à la fois. Il a pu en mener à bien un très grand nombre dans la région d'Amiens et le département de la Somme, mais aussi en Afrique (Bénin, Rwanda) et au Brésil notamment. Dans un récent courriel, Jacques Fournier lui rend ainsi hommage :
J'apprends ce matin le décès de Jean Foucault et je suis triste.
Il était un de ces agitateurs en poésie, incapable de s'arrêter, fourmillant de projets, d'idées, entraînant avec lui poètes, plasticien.nes, photographes, éditeurs, anonymes, pensant poésie dans tous ses actes : écriture, édition (il avait créé et dirigé les éditions Corps Puce), engagement social et politique (un aspect de lui que je n'ai connu qu'à travers ses appels à événements - principalement situés en Picardie, là où il avait créé une Maison de Poésie sans murs), ses publications collectives, riches de cent voix criant, hurlant ou murmurant.
Parce que, comme encore trop peu d'humains, il pensait que la poésie avait son rôle à jouer dans la construction de l'humanité.
Je l'ai connu dans son engagement à conserver les écrits des jeunes, vaste et utopique entreprise à laquelle il consacrait beaucoup de son temps, sûr de leur valeur tant pour le présent que pour le futur.
J'avais pris beaucoup de plaisir à préfacer son recueil de « Comptines de la pomme de terre », la mal aimée qu'il a défendue avec la même fougue qu'il mettait à défendre les réfugié.es, les sans-abris auxquel.les il donnait parole parce que la parole est un droit.
Il fut, à sa mesure, « la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche », appliquant ainsi au quotidien l'attitude même d'Aimé Césaire.
Son débordement pouvait en excéder certain.es - moi compris - par son trop plein, sembler parfois opportuniste, mais il y mettait tant d'entrain qu'on faisait vite la part des choses.
Il a été le premier à me faire intervenir dans un colloque sur l'écriture pour la jeunesse.
J'avais pleuré à la lecture de Quand la mère se retire, Soc & Foc, 2007.
J'ai été, un temps, ministre (je ne sais plus de quoi) de son Mouvement Universel des Poésiens.
J'ai eu le plaisir de voir un de mes recueils publié dans sa petite entreprise.
Et je l'en remercie encore.
Salut Jean.
(Jacques Fournier).
Il est venu plusieurs fois à Durcet en 2005 et 2009 (cf. photos 1 et 3) où il a semé sur sa route des graines de poèmes restés inédits. En voici quelques-uns :
Un premier souvenir d’Athis-de-l’Orne
Quéruel et Sonofoque
Deux jolis noms de plaques d’égout
Dans la rue des Écoles
Quéruel et Sonofoque
Aspirent le monde
Écoulent le temps
Quéruel et Sonofoque
Me regardent m’éloigner
Par les petites ruelles
J’aspire moi aussi
J’aspire aux mondes animaux
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Moignons de haie
Désespérés
La petite cour des miracles
Défile,
Indienne.
L’abatteur du village
Doit être heureux.
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Le poème est-il terminé ?
On me demande cela
Car on croit que le poème
Est un produit fini
Mais qu’est-ce qu’un poème ?
Le poème est
Un produit infini
Il est si fragile
Que j’ai peur de l’achever
En y mettant trop de forces
Je suis trop sensible
Alors je me contente
Du poème inachevé
Jean FOUCAULT
Extraits de Durcet-sur-Printemps
(Poésie sans recul)
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