Pour changer un peu, un classique : "Pavane" de Gabriel Fauré...
Bonne écoute...
Pour changer un peu, un classique : "Pavane" de Gabriel Fauré...
Bonne écoute...
Aujourd'hui, un poème de Christophe Jubien, extrait de l'un de ses derniers livres, "Coups de balai autour d'une pâquerette", publié aux éditions Henry.
TOUT EST BIEN QUI FINIT BIEN
Mon père, quatre-vingt-onze ans
n'a pas encore appris
à surfer sur la Toile
à cliquer comme l'éclair
pour obtenir cent réponses
à une question qu'il se pose
quand un problème
l'empêche de respirer
il prend la départementale
pour aller voir un peuplier
un ruisseau, une vieille croix.
Parfois, en rase campagne
il coupe le moteur de sa Peugeot
pour réfléchir à quelque chose
et caresser le fantôme de son chien
qui gémit tristement
à la place du mort
pour le consoler
il lui rappelle les vieilles histoires
dont ils furent les héros :
combien de chasses au lapin
de promenades dans la neige
de glissades sur la rivière gelée !
Et cette fichue patte arrière
coincée dans une clôture
un jour de janvier
Un mois de soins
matin, midi et soir
avant la guérison
et ses jappements de joie
c'était le bon vieux temps
tout était bien
qui finissait toujours
merveilleusement.
(Christophe Jubien)
On joue aujourd'hui avec le mot : "qiviuk", lequel n'est pas une invention... Avant de foncer sur votre dictionnaire, cherchez un peu quelle définition pourrait lui convenir.
1- qiviuk : métal rare et précieux qu'on trouve à de grandes profondeurs, à proximité des filons de quartz aurifère dont il est d'ailleurs un silicate.
Exemple : "En jaillissant du cratère du volcan, la lave entraîne avec elle des kilos de qiviuk sur des kilomètres." (Haroun Tazieff)
2- qiviuk : noeud de marin, assez proche du noeud de capucin mais plus difficile à réaliser pour un néophyte.
Exemple : "Allez, matelot, c'est le moment de nous sortir un qiviuk de derrière les fagots si tu n'veux pas qu'on finisse à la baille..." (Eric Tabarly)
3- qiviuk : tissu très haut de gamme provenant du duvet du muskox, animal survivant des périodes glaciaires de la Préhistoire, encore appelé "boeuf musqué". La laine ainsi obtenue est sans aucun doute la plus précieuse et la plus chère du monde.
Exemple : "Ooramik, je pars cette nuit à la chasse au gros, prépare-moi donc mon gilet en qiviuk..." (Markoosie Patsauq, Le harpon du chasseur.)
4- qiviuk : terme de médecine désignant une maladie mal connue et dont on a du mal à guérir.
Exemple : "Notre malade a très mal dormi et ce matin, il recommence à trembler de tous ses membres. J'ai peur qu'il ait attrapé une fièvre galopante ou alors un genre de qiviuk. Dans les deux cas, pas de remède connu, il faut attendre que cela se passe tout seul." (Louis Pasteur)
Penchons-nous aujourd'hui sur le livre de Françoise Coulmin : "Sans espoir, je cède à l'espoir", éditions la feuille de thé...
Françoise COULMIN : Sans espoir je cède à l'espoir (La feuille de thé)
Ce livre est ce qu'on appelle une somme, une sélection, un « best of », en bon français, une anthologie personnelle. On imagine l'ampleur de la tâche pour Françoise Coulmin et les déchirements auxquels elle a dû faire face à l'heure des choix.
C'est qu'il n'est pas facile de se dédoubler, de prendre de la distance par rapport à ce qu'on a écrit soi-même. Surtout devant une œuvre aussi dense, kaléidoscopique, répartie sur près de 35 ans. « Électron libre et rebelle », (cf. présentation sur le site du Printemps des poètes), Françoise Coulmin signe ici un florilège de haute tenue, balisé par 45 poèmes « incontournables » et précédés d'une préface de Jean-Pierre Siméon, excusez du peu. Infatigable militante, elle défend farouchement la cause et la parole des plus humbles, des exclus, des réfugiés et tout naturellement des femmes. En commençant par notre aïeule Lucy : …/..Moi Lucy ultime couchée long la grande femme Afrique / premier homme / crâne ouvert aux étoiles.../... En poursuivant avec Celle qui marche.../... Enfants des cinq couleurs / je vous ai arrachés aux délires / et vous cherche un lieu sûr / pour y laisser souffler vos langues.../... Le ton est grave, presque solennel, toujours en empathie...
Cela n'empêche pas l'humour des parenthèses plus légères et très piquantes pour évoquer les banquiers, « les financhiens », les mannequins ou un certain type de poète : « intrigant, intolérant, suffisant, pompeux, pontifiant.»... Sans oublier l'évocation des racines, la géographie intime, les traces qu'on laisse sur son chemin : « Même humble / un poème abandonné tout seul / à la lune / aux renards et limaces / pourrait s'en trouver offensé. // Mais qui sait si d'aventure / quelque passant / ne l'enrichira pas de mots d'amour / pour l'aider quelque peu / à consoler le monde. //
Il est à noter que les poèmes de Françoise Coulmin bénéficient d'une large audience, comme en témoignent leurs nombreuses publications à l'étranger : Belgique, Suisse, Italie, Grèce, Québec, U.S.A., Amérique du Sud, etc. Gageons que sa poésie fraternelle contribuera à "céder à l'espoir..."
Vous vous demandez peut-être ce que signifie le titre ? Tout simplement retour en arrière dans un récit, ou "flash-back" si vous préférez...
Voici en effet deux ou trois photos qui datent un peu, de la fin d'été ou du début de l'automne.
Vous reconnaîtrez des feuilles de tulipier de Virginie, des alkékenges, un dahlia, des pommes, une cardère, une plaque indicative et une viorne bien rouge...