« Cairns » n° 23 : « SPORT ET POÉSIE », éditions de la Pointe Sarène.
Il est bon de rappeler que c'est Patrick Joquel qui tient les manettes de cette revue depuis une dizaine d'années... Pour ce numéro, il a eu la bonne idée de choisir un thème plutôt rare en associant deux mots qui semblaient pourtant presque antinomiques : sport et poésie. Et on peut affirmer que cette petite anthologie est une réussite. Tant par la variété des sports considérés (une large palette qui va du populaire football à l'alpinisme, plus personnel, en passant par la natation, la course à pied et ses variantes ou le cyclisme, voire le modeste vélo) que par la diversité des poètes participants (des connus, d'autres moins, des jeunes et d'autres moins...) et des formes choisies (strophes plus ou moins classiques, proses, haïkus, tankas, etc....).
Alors, sportif/tive lecteur/trice, allons « découvrir le monde », « totalement accordé » (Patrick Joquel), chaussons les skis, telle « une araignée sur la neige » (Marion Lafage), jouons « gauche à l'arrière » dans « l'effort vers... » (Morgan Riet), capturons « l'oeuf en cuir capricieux » (Olivier Cousin), lançons-nous dans « la course des abysses » (Salvatore Sanfilippo) car « le poète est un coureur de fond » (Dan Bouchery), faisons « le drapeau à l'horizontale du champ de blé » (Marc Baron) et foulons le stade d'Olympie pour saluer « des athlètes âgés de plus de deux mille ans, maintenant statufiés pour l'éternité» (Colette Andriot). Il te restera à célébrer « tes petites victoires » sur toi-même sans jamais prononcer le nom de la célèbre marque de vêtements pour laquelle Sophie Braganti refuse de faire la moindre publicité !...
Deux poèmes en bonus :
Le cycliste grimpe
La haute montagne
Et la fourmi son brin d'herbe
(Lydia Padellec)
Plus haut
Vite, la main, la roche
La corde, le nœud dans le ventre
Vite, le ciel, de l'air, enfin
Souffle fort, il est froid.¨
Plus haut, encore
Plus haut !
La joue contre la roche
Les genoux écorchés
Le sourire irrépressible des fous
Plus haut, souffle, inspire,
Tends la main, hisse ton corps
C'est l'air qui te porte,
Pas ces jambes tremblantes,
Pas ce cœur effaré,
Pas ces bras épuisés,
C'est l'air que tu dévores !
(Nicolas de Casanove)