Un envoi de Marie-Josée Christien ces jours-ci sous la forme d'une photo prise à Plougerneau (29)...
Merci de nous aider à prévoir la météo du jour !
Marie-Jo nous précise qu'il existe des variants là aussi, selon les régions...
Né en 1924, le poète Henri Pichette est mort en l'an 2000. Il faudra attendre 2005 pour publier chez Gallimard Les ditelis du rouge-gorge, manuscrit retrouvé sur sa table de travail...
Pour situer le poète, quelques renseignements par ici : https://www.babelio.com/auteur/Henri-Pichette/52453
C'est un petit livre véritablement étonnant, écrit à la gloire de cet être familier qui vit près des maisons des hommes, un proche compagnon du jardinier. "un oiseau de l'âme"... On y découvre des appellations qui désignent le rouge-gorge selon les patois en usage dans telle ou telle région. Par exemple, pêle-mêle : rossignol d'hiver, cou-rouge ((Puisaye), frileux (Picardie), rubeline (Haut-Maine), gadille (Anjou), Pampouti (Limousin), Marie-la-reuche (Orléanais) etc.
(Complément d'informations sur le sujet avec le numéro spécial de La Hulotte n° 103.)
Pichette s'ingénie à varier à loisir la forme des poèmes et autres textes courts consacrés à son oiseau favori : du tercet à la strophe pleine avec ou sans rimes, du proverbe à la prière, en passant par la météo, la légende ou les amusettes. Notons qu'à l'origine, il avait écrit une somme (recherches et écritures qui occuperont les vingt dernières années de sa vie !) sur le robin, - appellation attestée dans notre région - , Les ditelis en étant une sorte de condensé, à la fois "populaire et "savant", incroyablement léger et subtilement profond à la fois...
Au jardinier qui prend son temps :
Viens-t'en vit' vit'
biner
que je puiss' puiss'
dîner.
*****************
Petit propriétaire à la cravate rouge
il chante contre l'intrus
il se rengorge se redresse
il se crête se hérisse
il se campe torse bombé
tant le coeur lui bat que le sang lui bout
ses yeux flamboient
son corps saccade
et plus il mélodie plus il furibonde
Gare la bagarre !
on pourrait bien se voler grièvement
dans les plumes.
******************
Au jardin,
faut voir marie-la-reuche
Le roi n'est pas son cousin,
quand elle bombe le jabot sur la poignée
de ma bêche.
Bien sûr, vous connaissez l'araucaria du Chili qu'on appelle encore "désespoir des singes" : il est couvert d'écailles, ce qui rend l'accrobranche particulièrement piquant !... Eh bien ! figurez-vous que cette année, il nous gratifie de magnifiques cônes... Malheureusement, le jour des photos, la lumière n'était pas terrible terrible, mais bon...
Bon, certain(e)s diront sans doute que "La corrida" est une vieille chanson de Cabrel...
Et alors ? C'est surtout une chanson magistrale, terriblement efficace par le parti pris choisi : Le Francis prend ici le point de vue du taureau ! Géniale idée ! ... Sans parler de cette ponctuation musicale à la guitare, ni de l'échappée espagnole à la fin...
Je vous propose une version "live" très sensible...
Note : si vous le voulez, vous pourrez aussi écouter sur YouTube une version en duo avec Idir...
youTube
Bon, aujourd'hui, je vous emmène faire un tour dans le car de ramassage scolaire, gâce à l'excellent livre de Simon Martin, "La fille de l'autocar"...
Quelques mots pour vous inviter à le lire :
Simon Martin : La fille de l’autocar, Cheyne, « Poèmes pour grandir ».
Attendez-vous à faire un voyage dans l’espace et dans le temps. Un voyage particulièrement animé car c’est bien le poète qui conduit, mais c’est la fille de l’autocar qui commande l’inextricable jungle des sentiments du narrateur. Si « elle » est présente à l’intérieur du car, l’immense plaine de la Beauce se transforme illico en savane africaine ; à l’inverse, si elle n’est pas là, le paysage traversé devient un désert sans fin. Autre voyage miraculeux : ce livre nous fait remonter le temps… Et pas qu’un peu : nous voilà transportés à l’heure des premières amours, souvent muettes, maladroites, platoniques, secrètes, marquées du sceau de la pureté de l’enfance.
La main de la fille de l’autocar / froisse le bout de son écharpe. // Je contemple ses ongles colorés / ses délicats doigts de rose // Vingt centimètres / les séparent de ma propre main. // Vingt centimètres / impossibles à franchir.//
Remarquable discrétion, pudeur infinie qui ajoute une part de mystère et confère à la fille de l’autocar un statut universel. Est-elle blonde ou brune ? Quelle est la couleur de ses yeux ? Sa classe sociale ? Sa vie en dehors du car ? On ne le sait pas... L’essentiel est sûrement ailleurs.
Anne Laval souligne cette retenue avec ses images abstraites, constituées d’un jeu de taches de couleurs à travers lesquelles on devine la douceur des paysages ainsi que la force des personnages.
Bref, ce petit livre, tiré d’ores et déjà à 3.000 exemplaires pour ce premier tirage, est un rayon de soleil dans la grisaille des jours.
(J-C. T.)
Selon les journaux spécialisés de la presse pipeule espagnole, on a offert récemment à un personnage de haute extraction un cadeau d'anniversaire original et personnalisé : un oléoduc de jardin, à l'échelle 1/43°.
Bien entendu, la cérémonie s'est déroulée en grande pompe...
Bon, aujourd'hui, un poème un peu "spécial", celui de Diem, la soeur de Anh, lequel nous avait raconté ses "aventures vaccinales" récemment...
Intitulé : "Le livre", il a été traduit du vietnamien par l'auteure elle-même, "coachée" par Flora.
LE LIVRE
(Traduction du vietnamien)
Nuit de noces
Ce livre neuf vaut largement son prix exigé
C’est normal, il n’a jamais été présenté
Il y aura plusieurs tirages, promis, juré
Mon cher éditeur, tu en auras l’exclusivité…
Noces de cristal
Mon livre n’est plus neuf après quelques années
Lu maintenant avec tant de rapidité
Les meilleurs détails sont laissés de côté
Dommage qu’il ne puisse plus faire rêver
On a tous besoin de nouveautés
Tes caractères sont de plus en plus brouillés
Ton dos disloqué et ta couverture abîmée
Tant de fois relue, l’histoire est inchangée
Noces de porcelaine
L’histoire reste belle, même ressassée
Toujours des découvertes si on y porte de l’intérêt
Car il existe maintes façons de pouvoir l’apprécier
A force de te lire et relire pendant des années
Contenu bien connu, on finit par s’en lasser
Difficilement supportable à un moment donné
Vingt-cinq ans après, le voisin songe
Je n’ai pas encore lu ce livre soi-disant usé
De le voir éveille mon envie, ma curiosité
Un jour, en cachette, je pourrais l’emprunter
Car il devrait rester des pages bien conservées !
Diem-Flora 2021