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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 03:56


(photo : Donner à Voir)

Balise 14, avenue du château : Antoine n'étant pas là, selon les groupes, c'est Sophie ou bien Josiane qui lit...

 

 

 

Ce soir la lune dessine un fin liseré de lumière, dans l’arc de sa ronde lucarne noire que le ciel sans nuages devine. Seul brille ce mince croissant à la fenêtre de la nuit.

 

On s’imagine alors faisant doucement coulisser l’opercule sombre et découvrant, derrière le toit du ciel, un immense grenier d’or.

 

                                                        Antoine BOISSEAU

                                                                     (L’éden ordinaire

                                                                                 - éditions Donner à Voir)

 

 

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24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 04:37


Treizième balise, le long du bois : Guy, souriant, vient de lire son poème...


 

 

 

 

Cette certitude

 

 

Tu partiras un jour

Et ce sera le vent

Et ce sera le froid

 

Tu partiras nous laissant seuls à jamais

Toi et moi dans la nuit de vivre

Me laissant hagard au seuil de l’autre nuit

 

Et ma plainte n’aura pas d’échos

Et ma plainte se taira simplement

Contre les murs infinis de ma prison

 

Et le temps fera son effort de temps

Parfois même certains jours

Il m’arrivera de penser moins à toi…

 

 

… Ce sera alors d’une tristesse

insurmontable

 

 

                           Guy ALLIX

                                          (inédit)

 

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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 04:29


Balise 12 : à l'entrée du bois, Florent a eu l'excellente idée de nous attendre pour lire "Tourbillonnement".



 

 

 

Tourbillonnement

 

Sud-est

Sens-tu le vent ?

Souffle du temps qui chauffe

Air mouvementé

 

Nord-ouest

Sens-tu le souffle ?

Vent du temps qui passe

Air en souffrance

 

Sud-ouest

Sens-tu le vent ?

Souffle du temps qui se fâche

Air tourmenté

 

Nord-est

Sens-tu le souffle ?

Vent du temps qui froisse

Air envoûtant

 

        Florent CHEMIN

                               (inédit)

 



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20 mai 2009 3 20 /05 /mai /2009 04:20



Onzième balise, au creux du chemin creux  : Dédé Roullet est parti devant, un poète "de secours" lit son poème pour notre petit groupe...


 

 

 

 

De conseils je ne donne à personne,

Et si quelquefois ma voix tonne,

Si je fulmine, si je m’insurge, si je tance,

Si mon verbe se fait rageur,

C’est à cause de mon impuissance

À rendre le monde meilleur !

 

             André ROULLET

                   ( Résurgences

        - éditions Scripta )

 


photo de la quatrième de couverture de Résurgences :

 

 


  Note du jour : prévoir à nouveau des réponses différées à vos commentaires... Nouvelle "mission" poétique, cette fois, dans les Alpes, pour "l'ivresse des livres"...

 

 

 

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18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 04:03
Balise 10, au pied d'un hêtre respectable, en l'absence de Luce, - photo Donner à Voir -, c'est France qui lit... (Ce poème avait déjà eu les honneurs de ce blog le jour du printemps.)


 

 

J’ai donné à boire aux fleurs

un peu d’eau dans le creux de ma main

quelques larmes

quelques gouttes de rosée

 

À boire aussi aux arbres

pour les racines qui poussent en nous

 

J’ai donné à boire au chat

un bol de lait et trois caresses

 

À boire aussi aux oiseaux

 

Et j’ai bu dans tes yeux

la tendresse partagée.

 

                 Luce GUILBAUD

           (Les oiseaux sont pleins de nuages

                             - Soc et Foc)

 

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16 mai 2009 6 16 /05 /mai /2009 04:46
Balise n° 9, village du Faubourg, Jean-Paul nous raconte une histoire...



 

 

Il était une fois un homme parfaitement ordinaire qui découvrit qu’il avait le pouvoir de changer les choses en mots. Cela se produisit par hasard : un jour qu’il était en train d’écrire, une fourmi égarée vint se promener sur sa page, et il resta longtemps à la regarder, rêveur, pensant au mystère d’être une fourmi égarée sur une page. Or pendant qu’il songeait il vit dans un demi-brouillard l’insecte s’aplatir et prendre les contours graphiques du mot fourmi. Il crut sur le coup être victime d’une hallucination et, par jeu plus que pour exercer un talent qu’il ne connaissait pas encore, il pensa très fortement à la gomme qui se trouvait sur son bureau, à côté de lui. La gomme s’effaça et le mot apparut sur sa page. Cela lui donna à réfléchir, et comme il se sentait en train, il s’amusa à s’attarder en pensée sur la douceur de sa lampe. N’ayant plus de lumière, il alla se coucher.

 

                                                                           …/…

 

                                                     Jean-Paul PLANTIVE

                                                          (Quarante petits mythes

                                                                - éditions du Petit Véhicule)

 


 

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14 mai 2009 4 14 /05 /mai /2009 04:37
Huitième balise : Christine est émue, - nous aussi - en lisant le poème de Jean Le Mauve...


 

 

nocturne un

 

Je me réveille. J’ai soif. À tâtons je vais dans la cuisine. Prends un verre.

Mais qu’est-ce qu’il y a de clair sur le bord de la fenêtre ?

On dirait une colombe qui dort la tête sous l’aile. Je m’approche. Me penche. Frappe au carreau. Elle se retourne.

C’est une chouette effraie.

Je distingue sa tête ronde cernée d’ombres pâles. Et voilà son bec. On se regarde un moment elle et moi les yeux dans les yeux puis elle s’envole dans un bruit de tissu qu’on déplie.

J’éteins. J’ouvre grand la fenêtre. Je reste longtemps à aimer la nuit.

 

                                                          Jean LE MAUVE

                                                                          (Le bestiaire vivant

                                                                          - éditions de l’Arbre)

 


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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 04:18
Balise 7, le long de la Gine, Mario lit un tout petit extrait de Mur de sable.
(A signaler ici une faute de frappe - qui m'incombe ! - dans le livret Chemin des poètes 2009. Bien entendu, elle est corrigée sur l'écran. Qui saura la retrouver ?...)

7-



nuit de garde


suis-je vraiment cette sentinelle sous la lune
pointant la dune hostile par quelle force occulte
quelle somme de coïncidences folles quelle
concordance de lieu d'âge de moment

.../...


je suis ici cette nuit détestable factionnaire
alors que je rêvais un monde humain fraternel
on m'a instruit pour donner la mort sans réfléchir
si soudain un homme surgit pareil à moi

.../...


                                       Mario URBANET
                                              (Mur de sable
                                      - Le temps des cerises)

 

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10 mai 2009 7 10 /05 /mai /2009 04:43


Balise n° 6, in situ, Jean-Hugues dans un coude de la Gine :

6-


Nombril des mondes

J'écoute la chanson
de la rivière sur les cailloux
une main dans l'eau qui va
une main dans l'herbe
un œil dans les nuages
un pied sur terre
un pied contre l'écorce d'un jeune saule
une épaule dans le soleil
et
dans un coude de la rivière
une oreille aux pinsons
une oreille aux murmures de l'eau
une narine dans la menthe fraîche
les reins dans la mousse
je suis
le nombril des mondes.


          Jean-Hugues MALINEAU
             (De mémoire de petit garçon

                              - Lo Païs d'Enfance)

 

 

Note : pendant quelques jours, il y aura sans doute un peu de mou dans les réponses à vos commentaires car je serai cette semaine à Chalon-sur-Saône...

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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 03:54
Cinquième balise : Claude Cailleau a eu la bonne idée d'attendre les retardaires pour leur parler d'apéro dans le jardin...


5-


La vie dans le jardin. Comme à un fil, c'est le soleil qui entre dans le jour. La table sous le chêne, on y prend l'apéritif le soir, entre pénombre et nuit. Une araignée descend de la branche au bout de son fil, commence une hasardeuse promenade entre les cris, accompagne la fuite des uns, le rire des autres.
La vie dans le jardin. L'herbe pousse sur tes heures en jachère. Et la plume de ton stylo gratte les feuilles, frôlant une mémoire vierge. La table sous le chêne recueille chaque jour l'énigme de ta parole.

Claude CAILLEAU
(Pour une heure incertaine
- Sac à mots éditions)

 


 

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