- Bruno SOURDIN : L’air de la route (éditions Gros Textes) :
Bruno Sourdin a beaucoup lu et beaucoup voyagé. Nourri au lait de l’Amérique et de la culture de la « beat generation », il nous propose ici une sorte de « guide du routard » de la poésie. Avec ses bonnes adresses qui sont autant de lieux mythiques : New-York, Lisbonne, Amsterdam, Maroc, Egypte, Genève, etc. Avec ses références qui sont aussi ses préférences parmi les poètes de l’errance et du voyage : Apollinaire, Cendrars, Rimbaud, Brautigan, Kerouac, Ginsberg, Kenneth White, Claude Pélieu… Avec, pour les plus longs poèmes (par exemple celui consacré aux vingt arrondissements de Paris), une structure dorsale comparable à une vague, un « rouleau » pour être plus précis, qui donne à l’ensemble un rythme jazzy, proche de la transe et volontiers lancinant.
Pour la petite histoire, signalons que le poème Po Chu Yi avait eu les honneurs du « Chemin des Poètes » à Durcet au printemps 2010. On le retrouvera, bien sûr, sur le blog biloba, très précisément là :
http://biloba.over-blog.com/article-ch10-11-profondement-49272415.html
Je buvais seul sous la lune
Je buvais seul sous la lune
Et je traçais un grand cercle magique
Un mot suffit
Un songe
L’étrangeté d’exister
Je buvais seul sous la lune
Pendant que Dan parlait aux oiseaux
Et que Gary se torchait le derrière dans l’herbe
Une fleur à la main
Je buvais, un vent murmurait entre les branches
Et j’oubliais le chemin du retour
Ah ! qu’il est difficile de retrouver la clé mystérieuse
Parmi les cendres oubliées
Dans l’herbe
Sous la lune
(Bruno Sourdin)




