(Images Internet : ouest-france et bayercropscience.co.uk)
Eh ! oui, c'est quelque peu désolant, mais il existe un herbicide qui porte le nom d'un poète !...
L'inconnue de la Seine.
... Dans les draps de satan la blanchisseuse rêve
L'ouvrier fatigué laisse pendre sa main
Comme un fruit de la vigne
Tout doré de sommeil
Là-haut contre la treille éplorée du matin
Je passe sous les ponts endormis
Sous des chaînes de bateaux longs et plats
Je découvre Paris
Notre-Dame à genoux sur un quai de la Seine
Entourée de pigeons et de gamins maudits
Mais je veux m'en aller plus loin ! porter ma lampe
Comme un coeur difficile et triste d'immigrant
Sous la mer bleue pareille à une grande chambre
Tendue de toile peinte aux couleurs de couchant
L'Ecosse a des châteaux peuplés d'ombres qui mènent
Le deuil de leur amour en des salles fermées
J'arriverai un soir comme une humble marchande
Vendeuse de fruits d'or et de gants parfumés
J'entrerai je dirai : c'est la morte de France
L'Inconnue de ces nuits sans bords où vous hantiez
A travers bois traînant des filets à palombes
Quand la plus belle au monde était déjà couchée
Je ne suis rien je vous apporte le silence
L'apaisement et le silence et non l'amour
Comme un baiser de graine tiède que l'averse
Fait germer en avril sur le pavé des cours
Mais les oiseaux ont bu la neige les oiseaux
Chantent dans le jardin fleuri du couvent
Je ne serai pas une nonne vêtue de blanc
Tant qu'il y aura de l'eau dans les fleuves
C'est à mon amour en Paris
C'est au lilas de mon enfance
A la mansarde illuminée
C'est à ce piano mécanique
Abandonné dans les orties
C'est à vous tous que je souris.
René-Guy Cadou "Que la lumière soit" ( Poésie la vie entière ).
Recommandation, en passant : écoutez donc le CD de Martine Caplanne "Aller simple", 71 minutes de Cadou en chanson ! (cf. son site ici.)
