(image gauche : wikipedia, droite : amazon.fr)
Déjà eu l'occasion de vous parler de Joël Egloff sur ce blog, pour de précédents livres (voir la rubrique : un bon livre peut-être ?)...
Cette fois, avec "Libellules", il s'agit de courtes nouvelles, juste le temps de faire connaissance avec de nouveaux personnages "égloffiens", des petits, de ceux qu'on ne remarque pas dans le paysage, qui ont une vie ordinaire pour ne pas dire banale. L'anti-héros par excellence...
Par exemple, cette femme, aperçue par la fenêtre, qui secoue méthodiquement son linge avant de le replier... et de le resecouer. Cet homme qui chronomètre plusieurs fois (pour vérifier !) le temps que met un sablier à s'écouler et qui s'étonne des différences... Ou cet autre "cabossé de la vie" vivant une véritable odyssée le soir de Noël.
Joël Egloff maîtrise l'art de la narration au plus haut point. Il lui suffit de deux ou trois phrases pour nous "emporter". Quelques "incipit(s?)" pour s'en persuader :
"On a beau avoir deux yeux, ils regardent souvent dans la même direction, si bien qu'au lieu de se compléter, ils travaillent en doublon, ce qui est
regrettable..." (Au feu, s'il vous plaît)
"N'ai écrit qu'un mot aujourd'hui : mon nom, que j'ai imprimé sur une feuille en jolis caractères..." (Jour sans)
Et toujours cet humour décalé, cette connivence avec le lecteur, cette formidable tendresse pour "nos frères humains..."
Joël Egloff : Libellules (Buchet-Castel)
