Repéré un poème dans le dernier numéro de Décharge, revue de poésie toujours ardente...
Il s'agit d'un poème de Katerina Anghelaki-Rooke, poète grecque d'aujourd'hui :
VENT D'EPILOGUE
Le vent soulève bien haut nos fautes,
il les fait tournoyer brièvement loin
de nos machinations idiotes
et les laisse retomber à terre ;
pour qu'elles s'y épanouissent.
Il saisit les petites paroles toutes fraîches encore
voilà, viens là,
les dépose sur les cimes
des arbres confiants
et les traîne ensuite dans la poussière
comme des souvenirs desséchés de rien.
Le vent soulève les feuillets arrachés
de la courte nouvelle
et, au fur et à mesure qu'ils s'élèvent, est rendue lisible
la page de notre vie, pour qu'elle soit lue un jour de calme plat,
comme un sens à nous délivré en entier.
Katerina Anghelaki-Rooke ("Vent d'épilogue", Kastaniotis)
(Traduction Marie-Laure Coulmin Koutsaftis)
