Riverains des falaises
Une anthologie des poètes en Normandie du XIème siècle à nos jours.

544 pages, format 16 x 24 cm à la française, couverture quadri intégra, prix de vente public : 20 €.
« De son acte de naissance, à Saint-Clair-sur-Epte, en 911, jusqu'à nos jours, (...) la Normandie ne s'illustra pas seulement par des faits d'armes, de conquêtes et de puissance, mais aussi par
un rayonnement culturel important qui ne s'est jamais démenti et dont les poètes furent souvent les fers de lance… » Dès la préface, « éloge de la Normandité », terme de Léopold Sedar Senghor,
Christophe Dauphin donne le ton du travail gigantesque qu'il a réalisé. Ces Riverains des falaises sont réunis par l’un des leurs, avant tout poète.
Cette anthologie, première du genre sur une aussi longue période, n’est pas régionaliste ; elle entrouvre la Normandie et tous les vents littéraires et historiques qui l’ont fait frissonner ou
tempêter. Sans se contenter d'une collection chronologique, Christophe Dauphin engage à des découvertes, des redécouvertes, rouvre l’anticonformisme, l’ambiguïté, la suffisance, le bien-vivre, la
créativité, l’ambivalence des Normands. Cette anthologie s’ouvre aussi aux « Frères et soeurs des vagues », pour lesquels la Normandie fut terre d’accueil, d’exil parfois, et de création.
Avec des notes personnalisées pour chacun, quelques-unes présentant des points de vue originaux sur des poètes universellement reconnus ou balayant des clichés, l’anthologie Riverains des
falaises rend aux poètes injustement écartés des tables la place et la stature qui ne leur sont pas accordées. Corneille ou Allais, Barbey d'Aurevilly ou Queneau, Breton ou Hugo ont leur
part, parfois inégale, d'oreilles et d'yeux. Qu’en est-il de poètes de toute première importance tels Le Houx, Sigogne, Saint-Amant, Blessebois, Glatigny, Gourmont, Delarue-Mardrus, Harel,
Fleuret, Limbour, Prevel, Duprey…? et qu'en sera-t-il des contemporains qui seront la mémoire de notre époque ? Riverains des falaises présente le large éventail des poètes dont les
écritures font apparaître les traits du visage de la Normandie, vivante, chaleureuse, parfois fermée, taiseuse, ou rebelle, et sentimentale, bouleversante, dans ses antinomies de terre et d'eau,
d'arbres et de migrateurs.
(Infos : éditions clarisse)
Ajoutons que ce livre résulte d'une somme de travail impressionnante qui force le respect...
Je vous glisse un petit bout de poème (j'ai l'embarras du choix !) :
RIMES RICHES A L'OEIL
L'homme insulté, qui se retient
Est, à coup sûr, doux et patient.
Par contre, l'homme à l'humeur aigre
Gifle celui qui le dénigre.
Moi, je n'agis qu'à bon escient :
Mais, gare aux fâcheux qui me scient !
Qu'ils soient de Château-l'Abbaye
Ou nés à Saint-Germain-en-Laye,
Je les rejoins d'où qu'ils émanent,
Car mon courroux est permanent
(.../...)
Alphonse ALLAIS
(1854-1905)
+ un bout d'un autre pour le plaisir de dire du patois normand (lisez-le donc à haute voix !) :
LE CAFE A L'AOBERGE
.../...
Quaund j'syis parfeis d'eune humeu d'herche,
Sav-ous byin ce qui mé r'bâle du quoeu ?
Ch'est de l'iâo de veie de beire, du rhum, du tchierche
Veire ! eun bouon demin és treis couleus !
Ch'est eun cafaé patriotique :
(Los ! c'qué ch'est touot d'même qué le prograés !)
Ya qué dé depis la République,
Par chin que no beit taint de cafaé.
.../...
Louis BEUVE
(1869-1949)