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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 05:09

jpg HaitiHaicris-MUP

(Image Internet :artistasalfaix.com)

 

Cela fait juste un an survenait le terrible tremblement de terre en Haïti, causant la mort de plus de deux cent mille personnes...

Ce petit livre, Haïti Haïcris*, publié aux éditions Corps Puce, a été écrit par des poètes d'un peu partout, simplement pour ne pas oublier et "pour dire la désespérance de l'absence, pour dire l'humanité et la vie." (Evelyne Trouillot)

 

Toute terre est prison

 

La carrière de sable

Ressemble

A un vieux corps sans âme

Tout comme cette terre qui s'enfonce dans la mer

Et la mer qui prend couleur de sang séché

La ville assiège le port

Elle n'a plus rien des murs de ma mémoire

Toute terre est prison

La mienne a pris la couleur du sang frais

Et les enfants se meurent sous les dalles d'insouciance

Même le soleil vous fait grise mine

Les fruits n'ont pas d'odeur

Ils sont tous blets avant d'éclore

Quelle est donc cette souffrance qui s'acharne sur ma terre

Tout espoir s'est figé comme une bougie éteinte

Ma terre-prison aux murs de peur

La mer couleur de sang

Quelle est donc cette douleur qui s'attaque à mon île

Ma terre est un très vieux souvenir qui s'estompe dans les sables

 

                                                          Gary Klang, poète haïtien.

 

* Une partie du prix de vente de cet ouvrage ira soutenir un projet culturel à Haïti.

 


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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 05:14

Riverains des falaises

Une anthologie des poètes en Normandie du XIème siècle à nos jours.



544 pages, format 16 x 24 cm à la française, couverture quadri intégra, prix de vente public : 20 €.

 

« De son acte de naissance, à Saint-Clair-sur-Epte, en 911, jusqu'à nos jours, (...) la Normandie ne s'illustra pas seulement par des faits d'armes, de conquêtes et de puissance, mais aussi par un rayonnement culturel important qui ne s'est jamais démenti et dont les poètes furent souvent les fers de lance… » Dès la préface, « éloge de la Normandité », terme de Léopold Sedar Senghor, Christophe Dauphin donne le ton du travail gigantesque qu'il a réalisé. Ces Riverains des falaises sont réunis par l’un des leurs, avant tout poète.
Cette anthologie, première du genre sur une aussi longue période, n’est pas régionaliste ; elle entrouvre la Normandie et tous les vents littéraires et historiques qui l’ont fait frissonner ou tempêter. Sans se contenter d'une collection chronologique, Christophe Dauphin engage à des découvertes, des redécouvertes, rouvre l’anticonformisme, l’ambiguïté, la suffisance, le bien-vivre, la créativité, l’ambivalence des Normands. Cette anthologie s’ouvre aussi aux « Frères et soeurs des vagues », pour lesquels la Normandie fut terre d’accueil, d’exil parfois, et de création.
Avec des notes personnalisées pour chacun, quelques-unes présentant des points de vue originaux sur des poètes universellement reconnus ou balayant des clichés, l’anthologie Riverains des falaises rend aux poètes injustement écartés des tables la place et la stature qui ne leur sont pas accordées. Corneille ou Allais, Barbey d'Aurevilly ou Queneau, Breton ou Hugo ont leur part, parfois inégale, d'oreilles et d'yeux. Qu’en est-il de poètes de toute première importance tels Le Houx, Sigogne, Saint-Amant, Blessebois, Glatigny, Gourmont, Delarue-Mardrus, Harel, Fleuret, Limbour, Prevel, Duprey…? et qu'en sera-t-il des contemporains qui seront la mémoire de notre époque ? Riverains des falaises présente le large éventail des poètes dont les écritures font apparaître les traits du visage de la Normandie, vivante, chaleureuse, parfois fermée, taiseuse, ou rebelle, et sentimentale, bouleversante, dans ses antinomies de terre et d'eau, d'arbres et de migrateurs.

                                                                                                                         (Infos : éditions clarisse)

Ajoutons que ce livre résulte d'une somme de travail impressionnante qui force le respect...

Je vous glisse un petit bout de poème (j'ai l'embarras du choix !) :

 

RIMES RICHES A L'OEIL

 

L'homme insulté, qui se retient

Est, à coup sûr, doux et patient.

Par contre, l'homme à l'humeur aigre

Gifle celui qui le dénigre.

Moi, je n'agis qu'à bon escient :

Mais, gare aux fâcheux qui me scient !

Qu'ils soient de Château-l'Abbaye

Ou nés à Saint-Germain-en-Laye,

Je les rejoins d'où qu'ils émanent,

Car mon courroux est permanent

  (.../...)

                       Alphonse ALLAIS

                             (1854-1905)

 

+ un bout d'un autre pour le plaisir de dire du patois normand (lisez-le donc à haute voix !) :

 

   LE CAFE A L'AOBERGE

 

.../...

Quaund j'syis parfeis d'eune humeu d'herche,

Sav-ous byin ce qui mé r'bâle du quoeu ?

Ch'est de l'iâo de veie de beire, du rhum, du tchierche

Veire ! eun bouon demin és treis couleus !

Ch'est eun cafaé patriotique :

(Los ! c'qué ch'est touot d'même qué le prograés !)

Ya qué dé depis la République,

Par chin que no beit taint de cafaé.

                                      .../...

 

                            Louis BEUVE

                              (1869-1949)

 





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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 05:06

imagechambre.jpg

(Image Internet : soc-et-foc.com)

 

 Gilles BRULET : La chambre des astres (éditions Soc et Foc)

L’ami Gilles nous fait partager ici des moments doux vécus dans Les Cévennes où la famille Brulet a désormais une petite maison…

Des moments d’émerveillement devant la montagne, si présente, qui « …prête son flanc / aux suppliques des guêpiers », des flashes bienvenus pour raconter « la pluie (qui) trottine sur les adrets (et) saute sur les genoux du micocoulier » ou encore (les) Hameaux / Satellites des villages / Envoyés là-haut // Dans la chambre des astres.     

Une sorte d’hommage à ce pays rugueux et fort, à l’image de ses habitants. En particulier au berger Émile à qui d’ailleurs le livre est dédié : …Le berger va / Dirigeant le troupeau / Dans sa maison mondiale.

Formidablement illustré par les dessins de Brunella Baldi, laquelle privilégie les couleurs d'ocre et de terre tout en bousculant notre perception des échelles, La chambre des astres nous fait penser à la fois à la Bible et à Giono :

« Midi 

S’adosse à la barrière

Et ouvre sa gamelle de printemps

Une brebis s’endort

Le visage sur l’épaule de sa sœur.»     

geniealpa.jpg 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(Image Internet : fnac)

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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 04:59

Pierre Maubé est un grand connaisseur de la poésie d'aujourd'hui, c'est un passeur hors pair qui nous ouvre en grand les portes de son blog, même quand c'est pour y exprimer sa "fatigue" à l'égard de certain(e)s...


Le dernier loup, paru récemment aux éditions Bérénice, rassemble plus de soixante-dix proses poétiques. C'est un livre dense, profond, un recueil émouvant parce que l'auteur s'y livre corps et âme, entièrement. Dans une suite de tableaux tout d'abord où le présent historique prend tout son sens. Des confidences familiales ensuite, parfois claires, parfois sybillines, toujours d'une extrême délicatesse. Le tout émaillé de dialogues tendres et drôles ainsi que d'un éventail de références culturelles, - poétiques, mais pas seulement -, qui va de l'Antiquité à nos jours...

Un ancrage marqué pour un village des Pyrénées, une certaine nostalgie pour la civilisation de la ruralité... Le fil rouge qui parcourt tout le livre me semble être cependant une recherche sur le difficile mais essentiel acte d'écrire, un incessant questionnement sur le miracle toujours renouvelé du poème.

 

Difficile de choisir un seul poème :

 

                                                       A l'angle du mur.

 

Dans le jardin, à l'angle du mur, une touffe de thym. Elle est énorme, c'est presque un buisson, inépuisable source de parfums pour les civets dominicaux.

Je passais devant depuis des années, ce matin-là, je m'arrête près d'elle.

 

La voix de mon père me tire de ma rêverie.

" - Moi aussi, tu sais, je l'ai toujours vue.

- Depuis quand est-elle là ?

- Ma grand-mère me disait que son grand-père y prenait déjà des brins de thym..."

 

Le grand-père de mon arrière-grand-mère... Il a dû naître vers 1770.

Sous Louis XV.

 

Deux siècles. Quatre révolutions. Cinq républiques. Une dizaine de guerres.

Six générations.

 

Un peu de thym.

 

Ce n'est pas un cèdre du Liban, ni un séquoia géant de Californie. Ce n'est pas un monument bien grandiose. C'est juste une touffe de thym dans un coin de jardin, quelque part dans les Pyrénées centrales.

 

Elle accompagne une famille, les parents, les enfants, les enfants qui deviennent parents, ceux qui viennent à leur tour dans le jardin, ceux qui ne viendront plus jamais. Elle fait son travail modestement, sans impatience et sans mémoire.

Au présent.

 

Le temps, c'est de l'argent ? L'argent n'a pas d'odeur, l'odeur n'a pas d'histoire...

 

Je prends quelques brins de thym et je les froisse entre mes doigts. 

 

 

Thym_DC_t.800.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                          (Image Internet : dico-cuisine.fr)

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 05:15

humberto.jpg

(Internet : testmegachap)

 

Mi-octobre, 25ème heure du livre au Mans avec pour thématique les Mayas d'hier et d'aujourd'hui. A cette occasion, publication d'un superbe livre : La voix des arbres,

  contenant des poèmes d'Humberto Ak'abal, accompagnés des photographies d'Alain Szczuczynski (Epileptic book). Ouvrage trilingue : maya kiché, espagnol et français.

 

Des poèmes fulgurants, aussi simples que profonds, à la fois fortement ancrés dans la culture de son peuple et en même temps résolument universels. Des paroles de sagesse.

 

Dans les voix

des vieux arbres

je reconnais celles de mes ancêtres.

 

Veilleurs séculaires

leur rêve est dans leurs racines.

 

                *****

 

Lorsque la nuit

je me sens triste,

je sors marcher

dans la plaine du ciel.

 

A l'aube, mon coeur

se retrouve couvert de rosée.

 

(+ Bonus : Les traces du jour et de la nuit, du même Humberto, éditions Patino, Genève, 2008. Merci au passage à Michèle de Ballon.)


Pour faire plus amplement connaissance avec Humberto Ak'abal, allez faire un tour par ici. (photos ci-dessous : Alain Boudet)

 

   

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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 05:04

yul22.jpg

 

(Image Internet : lessignets.com)

 

Penchons-nous aujourd'hui sur un livre de Jean-Paul Plantive intitulé Narcisse rhapsode (Le Sac à mots éditeur).

Un coup d'oeil sur le sous-titre, très éclairant  : La vie prodigieuse & lamentable d'un arrangeur de mots mise à nu par son locataire même.

Vous l'avez compris, le mot-clé, c'est "arrangeur de mots". En effet, Jean-Paul Plantive, au travers de petites proses délicieusement poétiques, n'a pas son pareil pour nous "embarquer" vers d'étranges mondes où tous nos repères s'avèrent inutiles et complètement dépassés. Et le plus souvent, on ne regrette pas le "voyage"...

 

Un exemple avec un extrait de Palliatif :

Je m'aperçus que je commençais à m'effondrer : il s'agissait d'un effondrement général, insidieux, continu, et pour tout dire, irrépressible. Aucun organe en moi, aucun muscle qui n'échappât à ce défaut fâcheux de fermeté, et ne se mît, en somme, à manquer de tenue. Il fallait prendre des mesures. Je me munis d'un podomètre, d'un onyxomètre, d'un rhinomètre, d'un hépatomètre, d'un neuromètre, d'un glossomètre, d'un trichomètre, d'un psychoscope... Les résultats furent accablants. Complètement déprimé, désormais, j'entrepris de soutenir mes organes défaillants. J'achetai une boîte d'allumettes, taillai des centaines de menus étais, puis, adroitement, les répartis dans toutes les zones de mon corps avachi.../...

 

Et un autre, extrait de Introspection :

Avec une souplesse infinie, au prix d'incroyables contorsions, je réussis à me replier entièrement pour me fourrer dans ma bouche, comme ces imperméables légers qui rentrent tout entiers dans leurs poches. Je pus ainsi visiter mon intérieur.../...

 

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  (Sac à mots éditions

  La Rotte des Bois

  44810 La Chevallerais)

 

 

 

 

 

 

(Image Internet :users.skynet.be)

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 04:33

 

SELACHE-COVER1.jpg

 

(Image Internet : http://www.geluck.com)

 

Tout le monde connaît le Geluck auteur de B.D. avec ses dizaines d'albums du Chat...

Idem pour l'amuseur de la télé chez Ruquier de temps en temps...

Un peu moins peut-être le Geluck "écrivain" (quelques tentatives dans les Encyclopédies ou le docteur G.)...

Eh ! bien, c'est réussi ! Geluck se lâche, aux éditions Casterman, est un livre étonnant et jubilatoire, dans lequel l'auteur se met en scène, libéré des contraintes imposées par son héros. Il fait ainsi éclater les tabous du politiquement correct et on sent que ça lui fait du bien...

Thèmes de prédilection : le pape, les talibans, la justice, le racisme, la maladie, la mort, la bêtise, etc.

 

http://www.babelio.com/users/AVT_Philippe-Geluck_781.jpeg (Image Internet : www.babelio.com)

 

Et puis, sa plume et son style, toujours corrosif, entre absurde et amour des mots...

 

Un (tout) petit extrait :

" - Le saumon est parfaitement capable de remonter des rivières avec la queue, mais il est incapable de remonter un réveil avec les doigts.

- Prendre son courage à deux mains, c'est bien, mais après, on n'a plus de main libre.

.../...

La bave du crapaud n'atteint sans doute pas les étoiles, mais la lumière des étoiles n'atteint le crapaud qu'après plusieurs millions d'années. Alors, un ton plus bas, les étoiles !"

 

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 04:01

 

L'ami Patrick Joquel, qui habite au pied de la montagne, vient de publier son ixième livre : Ephémères du bouquetin, aux éditions Corps Puce.

 

Chaque nouveau livre de Patrick Joquel est comme une surprise qui nous attend sur le coin du « bureau ». Une bonne surprise… Ici, à travers des messages postaux envoyés au cours de l’année 2005 à des ami(e)s poètes, l’auteur saisit l’occasion pour se pencher sur lui-même. Des proses poétiques comme autant de cairns, autant de réflexions à haute voix qui balisent les jours et nous conduisent au cœur du processus de l’écriture… Des petits cailloux pour marquer son chemin. 

. Une place prépondérante accordée à la poésie, mais aussi aux rapports humains, à l’amour, à ce qui est sans doute une clef chez Joquel, notre petit chant dérisoire à l’échelle de la planète, mais se voulant toujours à l’unisson du monde… Une certaine philosophie de l’existence, en somme, et qui nous rapproche des poètes chinois.

 

En ces heures matinales où le silence me chauffe à de froides étoiles. Où la main s’échauffe avec le courrier. Je pense aux moines. Et je m’interroge. Écrire relève-t-il d’un état de veille ? Et tout poème s’inscrit-il dans la lignée des psaumes ? Le jour vient mettre un peu d’ombre à toutes ces interrogations. Je ne dois pas oublier de descendre les poubelles 

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 04:06

9782352270485.gif  9782352270485-copie-1.gif  9782352270485-copie-1

 

(Images Internet : fnac.com)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Jacques Reboux frappe fort... Après sa Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, ministre des libertés policières et sa Lettre au garde des Sceaux pour une dépénalisation du délit d'outrage, deux livres parus aux éditions Après la lune, il enfonce le clou profond, très profond.

Ce livre de "politique-friction" est une farce férocement joyeuse, parfois délirante, mais toujours minutieusement documentée. On y apprend que "Nicolas Minus" était déjà très agité étant petit, très belliqueux aussi, en particulier avec son frère Guillaume. Très autoritaire, très narcissique, très parano, on pourrait continuer...

Vous découvrirez tout cela, en même temps qu'un éclairage psycho-quelque chose particulièrement édifiant. Un panorama des coulisses, de la cour, la basse-cour, des portraits acides des amis/ennemis, etc. Le tout servi avec style, humour et connotations personnelles, comme Jean-Jacques sait le faire...

Bref, c'est un livre à mettre de toute urgence dans votre sac à dos pour égayer vos vacances...

 

Des infos complémentaires ici.


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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 04:02

souvenez-vous-de-l-ivresse.jpg 

Ysabel Lorans : Souvenez-vous de l'ivresse (éditions Voix tissées)

 

marief.jpg(images Internet :

haut, marief-art.com

bas, marief-art.com)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est un livre qui chante... Les couleurs, les parfums, l’arbre, l’animal en liberté,  l’humain, la mer, omniprésente, le bonheur d'être au monde... Le miracle de l’aube, toujours recommencée. Certaines pages peuvent nous faire penser au Cantique des cantiques. Le vent et la lumière inondent littéralement ces tableaux que l’on devine africains, ces paysages idylliques vus comme de l'intérieur, à travers les souvenirs émerveillés de l'enfance. Un livre qui enchante aussi avec de véritables poèmes en prose qui « balancent » bien, des phrases riches, majestueuses, dans lesquelles abondent apostrophes, rejets et inversions, conférant à l’ensemble une impression de grande pureté en même temps que de sensuelle douceur et de lyrisme exalté. Les illustrations de Marief, entre ombre et lumière, prolongent notre plaisir de lecture…

"Rouges sont les pieds des pileuses qui sont à moudre le mil, et roses leurs mains et blancs leurs fronts que le soleil a ceints. Le maître des toits qui revient scander avec la mer le rythme des pilons de bois fait chanter les ancestrales terres ocre, embrase les palmiers, les buissons de palme et les manguiers.

Le grand visage de l'aurore s'étire en ruisseaux blancs sur le fleuve qui borde la mangrove tranquille dans le murmure des eaux. Auprès des cases les aïeules assises, fumant la pipe dans un songe, mâcheuses de cendres nous saluent face à la pirogue abandonnée, offrant leurs dos courbés à la louange des notes longues qu'envoie l'aurore. Comme les femmes qui attendent elles s'en grisent et nous allons ainsi mêlant toute couleur dans le labeur quotidien, notre parcours. Jusques au soir où s'achève notre offrande du jour."

 

(Info pratique : on peut commander ce livre (11 euros + port) auprès de l'éditeur : Voix Tissées 105 avenue Aristide Briand 92120 Montrouge.)

 

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