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23 septembre 2025 2 23 /09 /septembre /2025 06:45

Voici un poème de Michel Baglin pour saluer l'arrivée de la nouvelle saison...

 

Sentier d'automne.

Je n'ai que ce rêve à vous offrir : descendre dans le paysage. Vers le réel trouver passage par les ornières et les bourbiers, les ronces, les haies, les branches basses, l'arbre au travers du chemin. Par les talus, les ravins, les fossés.

Trouver passage par le crachin, le vent, l'orage aussi. Par ce qui mouille, essouffle et griffe, surprend, se défend, se dérobe ou promet.

Trouver passage par les odeurs d'humus et le chemin frayé dans le parfum des baies. Par la brume flâneuse et le soleil frileux, la clairière surprise à son bain de lumière, l'envol d'un cri dans le fourré voisin.

C'est un rêve modeste qui s'incarne dans le froissement d'ailes, si près de la caresse, le bois qui craque sous le pied, la feuille tombée dans le trou d'eau d'un pas.

Je n'ai que ce sentier d'automne à vous ouvrir à travers tant de vacillements et d'immobilité. Il passe par la source discrète, aux lèvres martelées sous le sabot des bêtes. Par la souche et l'écorce, l'acacia vermoulu des clôtures oubliées, l'escargot, la limace, l'étonnement de l'effraie.

Il passe par la main qui tâtonne aussi, le pied qui se risque, le geste qui épouse, par la pente et la faille, le détour et la halte. Par le vertige, la fatigue et la faim.

Et par le corps engagé dans le bois tendre du monde comme un coin.

Il passe par le vieux Pan sommeillant en tout marcheur frustré.

Pour descendre dans le paysage, vers le réel trouver passage, je n'ai rien à vous offrir que l'étreinte d'un sentier.

                                                                                                  Seilh, octobre 1992.

                                                      (Michel Baglin)

cf. L'obscur vertige des vivants (L'herbe qui tremble)

 

 

Saluons au passage la parution du numéro 6 de la revue : "Texture" dans lequel on retrouvera les nombreux et talentueux amis du créateur...

Bonne lecture...

1- YouTube / 2- babelio / 3- à Durcet en 2012 / 4- texture n° 6 /
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commentaires

R
tant qu'on parle de Michel, il reste vivant dans nos mémoires et nos cœurs...
Répondre
T
Complètement d'accord avec cette affirmation...<br /> Parallèlement, l'association : "Les amis de Michel Baglin" (très active) contribue à la renforcer...
A
coucou topa je suis tombée sur le blog par hasard et je passe te faire un petit coucou j’adore que tu aies un blog c’est trop cool gros gros bisous à bientôt :-) :-) :-) :-)
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T
Tiens, tiens, te voilà arrivée par chez nous de très bon matin, nous dit la pointeuse !...<br /> Merci pour ton enthousiasme communicatif et tes encouragements...<br /> <br /> Et n'oublie pas qu'on compte sur toi pour refaire le monde...<br /> Bonnes pensées. Topa.
D
J'ai lu Michel Baglin entre les lignes.
Répondre
T
@damoiseau du 02/10/ :<br /> Ah ! merci d'avoir éclairé ma lanterne ! Cette fois, je comprends tout...
D
On en cause là-bas :<br /> https://www.lacauselitteraire.fr/entre-les-lignes-michel-baglin
T
@damoiseau du 28 : Ah ! bon, mais ça ne changera pas ma réponse...
D
Je me suis trompé, je voulais dire que j'ai lu entre les lignes de Michel Baglin.
T
Pas grave du tout, tu pourras lire les lignes du poème plus tard, quand tu auras du temps ou de l'envie...
B
c'est beau, j'ai tant vécu ces sentiers
Répondre
T
Le sentier peut être aussi un refuge...
Y
Nos pas sur le sentier ("par ce qui mouille, essouffle et griffe, surprend, se défend, se dérobe ou promet", "odeurs d'humus", "si près de la caresse", "passe par la source discrète", "main qui tâtonne", "corps engagé dans le bois tendre du monde") jusqu'à ce qu'au détour, apparaisse le vieux dieu Pan. <br /> Pan éveillé, je refais le parcours : le rêve de Paul révèle alors un tout autre paysage. <br /> L'hiver sera chaud.
Répondre
T
Oh ! le filou qui veut réveiller Popaul !...<br /> <br /> (Le choix des mots de Michel Baglin ne m'avait pas échappé non plus...)