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7 novembre 2010 7 07 /11 /novembre /2010 05:04

yul22.jpg

 

(Image Internet : lessignets.com)

 

Penchons-nous aujourd'hui sur un livre de Jean-Paul Plantive intitulé Narcisse rhapsode (Le Sac à mots éditeur).

Un coup d'oeil sur le sous-titre, très éclairant  : La vie prodigieuse & lamentable d'un arrangeur de mots mise à nu par son locataire même.

Vous l'avez compris, le mot-clé, c'est "arrangeur de mots". En effet, Jean-Paul Plantive, au travers de petites proses délicieusement poétiques, n'a pas son pareil pour nous "embarquer" vers d'étranges mondes où tous nos repères s'avèrent inutiles et complètement dépassés. Et le plus souvent, on ne regrette pas le "voyage"...

 

Un exemple avec un extrait de Palliatif :

Je m'aperçus que je commençais à m'effondrer : il s'agissait d'un effondrement général, insidieux, continu, et pour tout dire, irrépressible. Aucun organe en moi, aucun muscle qui n'échappât à ce défaut fâcheux de fermeté, et ne se mît, en somme, à manquer de tenue. Il fallait prendre des mesures. Je me munis d'un podomètre, d'un onyxomètre, d'un rhinomètre, d'un hépatomètre, d'un neuromètre, d'un glossomètre, d'un trichomètre, d'un psychoscope... Les résultats furent accablants. Complètement déprimé, désormais, j'entrepris de soutenir mes organes défaillants. J'achetai une boîte d'allumettes, taillai des centaines de menus étais, puis, adroitement, les répartis dans toutes les zones de mon corps avachi.../...

 

Et un autre, extrait de Introspection :

Avec une souplesse infinie, au prix d'incroyables contorsions, je réussis à me replier entièrement pour me fourrer dans ma bouche, comme ces imperméables légers qui rentrent tout entiers dans leurs poches. Je pus ainsi visiter mon intérieur.../...

 

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  (Sac à mots éditions

  La Rotte des Bois

  44810 La Chevallerais)

 

 

 

 

 

 

(Image Internet :users.skynet.be)

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 04:33

 

SELACHE-COVER1.jpg

 

(Image Internet : http://www.geluck.com)

 

Tout le monde connaît le Geluck auteur de B.D. avec ses dizaines d'albums du Chat...

Idem pour l'amuseur de la télé chez Ruquier de temps en temps...

Un peu moins peut-être le Geluck "écrivain" (quelques tentatives dans les Encyclopédies ou le docteur G.)...

Eh ! bien, c'est réussi ! Geluck se lâche, aux éditions Casterman, est un livre étonnant et jubilatoire, dans lequel l'auteur se met en scène, libéré des contraintes imposées par son héros. Il fait ainsi éclater les tabous du politiquement correct et on sent que ça lui fait du bien...

Thèmes de prédilection : le pape, les talibans, la justice, le racisme, la maladie, la mort, la bêtise, etc.

 

http://www.babelio.com/users/AVT_Philippe-Geluck_781.jpeg (Image Internet : www.babelio.com)

 

Et puis, sa plume et son style, toujours corrosif, entre absurde et amour des mots...

 

Un (tout) petit extrait :

" - Le saumon est parfaitement capable de remonter des rivières avec la queue, mais il est incapable de remonter un réveil avec les doigts.

- Prendre son courage à deux mains, c'est bien, mais après, on n'a plus de main libre.

.../...

La bave du crapaud n'atteint sans doute pas les étoiles, mais la lumière des étoiles n'atteint le crapaud qu'après plusieurs millions d'années. Alors, un ton plus bas, les étoiles !"

 

CCF15082010_00000.jpg

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7 août 2010 6 07 /08 /août /2010 04:01

 

L'ami Patrick Joquel, qui habite au pied de la montagne, vient de publier son ixième livre : Ephémères du bouquetin, aux éditions Corps Puce.

 

Chaque nouveau livre de Patrick Joquel est comme une surprise qui nous attend sur le coin du « bureau ». Une bonne surprise… Ici, à travers des messages postaux envoyés au cours de l’année 2005 à des ami(e)s poètes, l’auteur saisit l’occasion pour se pencher sur lui-même. Des proses poétiques comme autant de cairns, autant de réflexions à haute voix qui balisent les jours et nous conduisent au cœur du processus de l’écriture… Des petits cailloux pour marquer son chemin. 

. Une place prépondérante accordée à la poésie, mais aussi aux rapports humains, à l’amour, à ce qui est sans doute une clef chez Joquel, notre petit chant dérisoire à l’échelle de la planète, mais se voulant toujours à l’unisson du monde… Une certaine philosophie de l’existence, en somme, et qui nous rapproche des poètes chinois.

 

En ces heures matinales où le silence me chauffe à de froides étoiles. Où la main s’échauffe avec le courrier. Je pense aux moines. Et je m’interroge. Écrire relève-t-il d’un état de veille ? Et tout poème s’inscrit-il dans la lignée des psaumes ? Le jour vient mettre un peu d’ombre à toutes ces interrogations. Je ne dois pas oublier de descendre les poubelles 

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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 04:06

9782352270485.gif  9782352270485-copie-1.gif  9782352270485-copie-1

 

(Images Internet : fnac.com)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jean-Jacques Reboux frappe fort... Après sa Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, ministre des libertés policières et sa Lettre au garde des Sceaux pour une dépénalisation du délit d'outrage, deux livres parus aux éditions Après la lune, il enfonce le clou profond, très profond.

Ce livre de "politique-friction" est une farce férocement joyeuse, parfois délirante, mais toujours minutieusement documentée. On y apprend que "Nicolas Minus" était déjà très agité étant petit, très belliqueux aussi, en particulier avec son frère Guillaume. Très autoritaire, très narcissique, très parano, on pourrait continuer...

Vous découvrirez tout cela, en même temps qu'un éclairage psycho-quelque chose particulièrement édifiant. Un panorama des coulisses, de la cour, la basse-cour, des portraits acides des amis/ennemis, etc. Le tout servi avec style, humour et connotations personnelles, comme Jean-Jacques sait le faire...

Bref, c'est un livre à mettre de toute urgence dans votre sac à dos pour égayer vos vacances...

 

Des infos complémentaires ici.


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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 04:02

souvenez-vous-de-l-ivresse.jpg 

Ysabel Lorans : Souvenez-vous de l'ivresse (éditions Voix tissées)

 

marief.jpg(images Internet :

haut, marief-art.com

bas, marief-art.com)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est un livre qui chante... Les couleurs, les parfums, l’arbre, l’animal en liberté,  l’humain, la mer, omniprésente, le bonheur d'être au monde... Le miracle de l’aube, toujours recommencée. Certaines pages peuvent nous faire penser au Cantique des cantiques. Le vent et la lumière inondent littéralement ces tableaux que l’on devine africains, ces paysages idylliques vus comme de l'intérieur, à travers les souvenirs émerveillés de l'enfance. Un livre qui enchante aussi avec de véritables poèmes en prose qui « balancent » bien, des phrases riches, majestueuses, dans lesquelles abondent apostrophes, rejets et inversions, conférant à l’ensemble une impression de grande pureté en même temps que de sensuelle douceur et de lyrisme exalté. Les illustrations de Marief, entre ombre et lumière, prolongent notre plaisir de lecture…

"Rouges sont les pieds des pileuses qui sont à moudre le mil, et roses leurs mains et blancs leurs fronts que le soleil a ceints. Le maître des toits qui revient scander avec la mer le rythme des pilons de bois fait chanter les ancestrales terres ocre, embrase les palmiers, les buissons de palme et les manguiers.

Le grand visage de l'aurore s'étire en ruisseaux blancs sur le fleuve qui borde la mangrove tranquille dans le murmure des eaux. Auprès des cases les aïeules assises, fumant la pipe dans un songe, mâcheuses de cendres nous saluent face à la pirogue abandonnée, offrant leurs dos courbés à la louange des notes longues qu'envoie l'aurore. Comme les femmes qui attendent elles s'en grisent et nous allons ainsi mêlant toute couleur dans le labeur quotidien, notre parcours. Jusques au soir où s'achève notre offrande du jour."

 

(Info pratique : on peut commander ce livre (11 euros + port) auprès de l'éditeur : Voix Tissées 105 avenue Aristide Briand 92120 Montrouge.)

 

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6 mai 2010 4 06 /05 /mai /2010 04:05

Morgan Riet

 

 

Connaissez-vous Morgan Riet ? Non ? Il était pourtant au dernier Printemps de Durcet, comme le montre la photo ci-contre prise par Michel pendant la séance de lecture dans l'ancienne salle du Conseil qu'on appelle encore salle Mitterrand.

C’est un poète de Bayeux (14) qui vient de faire paraître son deuxième livre : En pays disparate, aux éditions Clapàs. Une bonne occasion pour saluer ce jeune homme qui me semble bien faire partie de la relève…


Une écriture sobre, sûre, percutante. Un humour subtil, souvent caustique. Des thèmes diversifiés, entre paysages lyriques et portraits incisifs. Des références qui pourraient être les nôtres : Schubert, Verlaine, Rimbaud,  d’autres plus générationnelles comme Curtis. Et cet art de la chute – remarquable –, souvent matérialisée par un espace, parfois même par un placement en décalage, à droite en bas du poème proprement dit.

Un exemple ?


Vladimir I


Rassurez-vous.

Son regard froid

comme les neiges sibériennes

n’est qu’un

             trompe-l’œil,

      qu’une pudeur délicate

      d’apparatchik.

Maïakovski m’approuve :

     Bien tenus secrets, quelque part,

     y couvent

un feu de bienveillance,

un élan démocrate

     plus vaste qu’une steppe -

 

    qui crèvent

    les yeux


                       des opposants. 

 

              

                 Morgan RIET

           (En pays disparate,

              éditions Clapàs).

 

(On peut facilement retrouver Morgan sur son blog : http://cheminsbattus.spaces.live.com

pour lui commander son livre...)

 

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 05:16
debian-noir-rouge.png

(Image Internet : carmen66.spaces.live.com)

A partir d'un vers de James Sacré : "Le mot rouge convient parfaitement pour tout dire.", Françoise Coulmin a collecté 67 poèmes pour en faire une anthologie qui a pour titre : Et si le rouge n'existait pas et qui vient de paraître aux éditions Le Temps des Cerises.

Je vous ai choisi ce poème :

          Le rouge aimé

Gris est l'enfant qui voit la mer
Et ne peut y entrer

Grise ma douleur sur le sang des astres
Et ma mémoire au bout des songes

J'habite une île qui n'existe pas
Une terre qui n'a pas su éclore

Je vis un temps inachevé
Dans une mer de corail où la vie s'est éteinte

Ai-je encore droit au rêve

Donnez-moi vite un peu de rouge
Que j'y mette
Sans tarder
Un vol d'hibiscus.


                       Gary KLANG, poète haïtien.

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4 février 2010 4 04 /02 /février /2010 05:06
tour3(Image Internet : amazon.fr)





Yvon Le Men :
Le tour du monde en 80 poèmes

   (Flammarion)



Un livre pour prendre l'air, pour changer de focale, pour élargir son champ de vision, pour réaliser que la poésie se rit des frontières et que les poètes partout nous parlent "dans une langue inconnue, mais pas étrangère."

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 05:17
WoodstownBrduit.jpg

(Image Internet : astobelarra.over-blog.com)

Vous connaissez Alphonse Daudet, bien sûr... Les lettres de mon moulin, Le petit chose, tout ça... Eh bien, en 1873, il a publié un conte fantastique intitulé Wood's town, sans aucun doute beaucoup moins connu que La chèvre de monsieur Seguin.
Il s'agit d'une courte nouvelle dont le personnage principal est... une forêt ! Une histoire "écologique" alors même que le mot n'existait pas.

Si vous voulez la découvrir, il vous suffit de la commander aux éditions Astobelarra / Le Grand Chardon Maison Pastou 64130 Moncayolle. ( 5 euros + 2 pour les frais d'envoi.)

Trois remarques complémentaires :
1) Vous retournez le livre et vous avez la même version en langue basque... (traduction : P. Errekarte)
2) Les illustrations sont de Pierre Lahore.
3) Wood's town est suivi d'un de mes poèmes*, extrait des Peuples d'arbres.

* Oui, j'en suis très fier ! (merci, Jeno...)

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 05:42
(Image Internet : lecturesdalexielle)







Je suis toujours en retard d'une guerre (ou deux) : ce livre de Philippe Claudel : Le rapport de Brodeck avait remporté le Goncourt des lycéens en 2007.

En cherchant un peu, vous trouverez facilement des sites qui vous donneront un résumé ou une critique de l'ouvrage.

Quant à moi, je voudrais juste vous donner deux ou trois impressions qui vous inciteront peut-être à le lire. (C'est quand même l'objectif de cette rubrique...)

Une histoire douloureusement belle, qui prend appui sur la grande Histoire, au moment de la deuxième guerre mondiale.

Une maîtrise du récit telle que chaque chapitre est comme une pierre, celle d'un maçon qui bâtirait sa maison. Le roman se construit pas à pas, au fur et à mesure que le narrateur, Brodeck, rédige son fameux "rapport". La progression s'effectue d'ailleurs par petites touches, avec de nombreux retours en arrière qui entretiennent le suspense et nous laissent présager le pire.

Une pudeur extrême pour dire l'indicible, à savoir les horreurs de la guerre ou les grandeurs et les faiblesses de la nature humaine. Tout est suggéré. Pas de lieu précis, pas de date. Camp de concentration, viol, massacre, lynchage sont des réalités tangibles dans ce livre mais ce sont des mots qui ne sont pas prononcés... Confiance totale est faite à l'intelligence du lecteur.

Un rapport à la nature omniprésent et des pages qui apparaîtront, par contraste, comme "poétiques". Ainsi ce court extrait du chapitre 23 :
".../...Poupchette* hissée sur mes épaules lançait son bavardage aux nuages. Elle leur parlait comme s'ils avaient pu la comprendre. Elle leur disait de se pousser, de rentrer leurs gros ventres, de laisser le soleil seul dans le grand ciel. L'air descendu des montagnes donnait à ses joues une roseur toute fraîche.
Je tenais la main d'Emélia.** .../...Ses yeux semblaient être des papillons, des merveilles mobiles allant çà et là sans raison profonde, comme entraînés par le vent, l'air transparent, mais qui ne songeaient à rien de ce qu'ils faisaient, ni de ce qu'ils voyaient.../...
"

* Poupchette est la "fille" de Brodeck.
** Emélia est sa femme, aveugle et "simple."



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