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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 04:00

Aujourd'hui, un livre de bande dessinée dont voici les références :

Jacques FERRANDEZ : "Le chant du monde", d'après l'oeuvre de Jean GIONO,  Gallimard bande dessinée.

Une grande fidélité au roman de Giono, en particulier aux dialogues. La vallée de la Durance y tient toute sa place, la nature aussi. Les personnages, plus ou moins marginaux, sont bien campés, sans caricature. L'histoire s'apparente à un "western" (le mot est de Giono lui-même) avec des bagarres bien senties, des rapts, des coups de feu, bref, de l'action... Tout en gardant le côté écolo avant l'heure de l'homme vivant dans son environnement naturel...

Superbes, les aquarelles de Ferrandez s'étalent sur une double page de temps en temps, créant ainsi comme une respiration dans le récit. Le coup de pinceau du peintre s'allie au coup de plume du poète pour magnifier des paysages lumineux et grandioses. Pour accentuer aussi la violence et la fruste rugosité des moeurs de ceux du Haut-Pays...

Bonus : petite vidéo de Ferrandez en train de dessiner...

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you tube / france-inter

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1 octobre 2019 2 01 /10 /octobre /2019 04:00

Aujourd'hui, un livre de Thierry Cazals : "Des haïkus plein les poches", publié chez Cotcotcot éditions, en Belgique. (plus de 250 pages pour 10 euros seulement !)

En plus d'y trouver des haïkus écrits par les maîtres japonais, les classiques, ou par les poètes contemporains, vous vous régalerez de découvrir ceux qui ont pour auteur(e)s des jeunes rencontrés lors d'animations et ateliers d'écriture. En effet, ce livre est un véritable guide pour qui veut s'atteler à ce genre poétique. Et cela se passe en douceur, en suivant le fil rouge d'une sorte de conte, déroulé par un vieux poète bienveillant...

Les illustrations de Julie Van Wezemael alternent magnifiquement avec les mots de l'histoire et gardent l'esprit d'enfance de l'ensemble... Bref, c'est une réussite que ce livre d'initiation, une invitation permanente à regarder, à écouter plus attentivement les plus petites manifestations de la vie, quel que soit le lieu (campagne, ville, bord de mer, montagne, etc.) et quel que soit le moment...

Je vous glisse deux ou trois haïkus de l'auteur :

 

Il reste digne et droit

l'arrosoir

sous la pluie

***

Matin de printemps

les oreilles du chat bougent

plus rapidement

***

"Bienvenue"

dit toujours le paillasson

jeté sur la décharge

***

(Thierry Cazals)

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7 septembre 2019 6 07 /09 /septembre /2019 04:00

Bon, c'est pour une annonce aujourd'hui : la parution d'un livre :

"Qu'est-ce qu'un regard ?", aux éditions "Pourquoi viens-tu si tard ?"

Patrick Joquel a écrit les haïkus en accompagnement des photos de Flora.

+ en bonus, une préface de Jacqueline Held...

Sûr que c'est un très bon livre, mais c'est peut-être pas à moi de vous le dire...

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18 août 2019 7 18 /08 /août /2019 04:00

Bon, voici un livre dont je vous recommande la lecture, celui de Marilyse Leroux, poète bretonne, et dont nous avons publié plusieurs recueils chez Donner à Voir...
Il s'agit ici d'un livre de nouvelles : "Grand A petit m", éditions Batigne.

Marilyse LEROUX : Grand A, petit m (Stéphane Batigne éditeur)

En solide praticienne des ateliers d'écriture, Marilyse Leroux, à travers ce bouquet de treize nouvelles, se livre à un galop d'essai très convaincant. Elle nous emmène faire un véritable tour de Bretagne, revisitant les us et coutumes des habitant(e)s au passage, crayonnant de rapides portraits sur le vif, enregistrant des dialogues parfois pittoresques ou piquants, tissant d'invisibles fils entre les personnages, nous laissant surpris et interdits devant une fin ouverte...

Les références aux arts sont nombreuses, que ce soit la musique, comme dans « Kenavo » dont l'action se déroule pendant le festival interceltique de Lorient, ou la peinture, comme dans cet extrait de « Inoubliable » : « Le livre, l'inoubliable, vient de s'ouvrir à la même page sur ses genoux : l'image est là, aussi forte, qui lui éclate au visage. Plonger à l'intérieur, encore. Entrer dans le tableau comme on entre dans la mer, de tout son corps. Comme on roule dans l'herbe. Avec la même joie, le même sentiment de liberté pure. »

Des allusions littéraires aussi, des admirations peut-être : on songe à Maupassant ou à Gaston Couté en lisant « Bleu horizon ». On pense à Poe ou à Buzzati avec l'atmosphère fantastique de : « Derrière chez moi »... Une écriture limpide et lumineuse, doublée d'une phrase souple, polymorphe, capable de varier en fonction de la situation, un style décidément cristallin. Une bonne maîtrise de l'incipit et de la narration : l'auteure vous prend par la main et vous entraîne illico dans son histoire... Bref, Marilyse nous donne ici de très bonnes nouvelles.

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18 juillet 2019 4 18 /07 /juillet /2019 04:35

Nicole LAURENT-CATRICE : La boîte noire, éditions du petit véhicule.

C'est ce que les libraires appellent « un beau livre » : format carré, poème imprimé sur la page de droite, - la page « noble » - , illustration en couleurs à gauche, en regard, reliure artisanale avec ficelle apparente, couverture noire, etc. Un tel écrin aurait pu contenir des poèmes tout en douceur, comme qui dirait des bonbons... Détrompez-vous, le titre annonçait bien la couleur ! Nous sommes résolument dans le sombre, avec des nuances de gris, quand même. La raison en est sans doute à chercher dans le processus d'écriture : ce sont les dessins de Frédéric Hubert qui ont fait naître les mots de Nicole, à l'inverse de ce qui se pratique généralement. L'artiste use pour cela d'une méthode originale et féconde : dans chaque dessin, il installe un individu centra1, toujours le même, un vieillard aveugle assis dans un fauteuil, coupé du monde extérieur. Autour de lui, sont alors convoqués de nombreux personnages, plus ou moins symboliques de tous les malheurs de la terre.

Nicole Laurent-Catrice s'ingénie à rebondir à partir de ces images parfois sibyllines : elle en propose une lecture personnelle très « pointue », à deux mille lieues d'une banale description ou d'un commentaire attendu. Elle les décrypte, les transcende, dénonçant au passage les dérives inégalitaires de la société d'aujourd'hui, réglant des comptes avec la religion, l'enfance brisée ou la corrida par exemple. Il se dégage de l'ensemble une impression de vivacité, de force, de profondeur, de vérité, le plus souvent sobrement ponctuée par une chute brutale, cruelle et drôle à la fois... Un peu comme le silence obsédant du « Cri » de Munch ou le scalpel d'un phylactère vide...

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Note : le blog biloba va prendre un rythme de vacances, à raison d'un billet tous les trois ou quatre jours, selon l'humeur et le temps disponible...

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28 mars 2019 4 28 /03 /mars /2019 05:00

Le dernier livre de Marilyse Leroux vient de paraître chez nous, aux éditions Donner à Voir. Il s'intitule : "Sur ma table". Voici ce qu'on en dit sur la quatrième de couverture :

"On pourrait la croire bien banale, la table de Marilyse, avec ses quatre pattes et son plateau de bois. Détrompez-vous, c'est une table extraordinaire, dotée de multiples pouvoirs... Tantôt planisphère, elle vous transporte en un clin d'oeil à l'autre bout du monde en train d'épousseter le Mont-Fuji !... Tantôt machine à remonter le temps, on la caresse de chaque doigt de la main et elle nous propulse jusqu'à l'arbre dans lequel on l'a taillée. Parfois, une végétation sous-marine s'y installe ou des oiseaux s'y posent, c'est magique !... La chatte dort, tranquille, et la journée ronronne au ralenti...

Au travers des courts poèmes de Marilyse Leroux, le pouvoir des mots joue le premier rôle : il nous entraîne pour de fabuleux voyages qui décoiffent le réel et repeignent le monde. D'autant plus que les dessins de Consuelo de Mont Marin participent allègrement à cette fête : ils sont à la fois vifs, colorés, malicieux et complices..."

                                                                                                          (J-C. T.)

 

(P.S. : ce livre s'adresse aux plus jeunes...comme aux moins jeunes ! )

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10 mars 2019 7 10 /03 /mars /2019 05:00

Voilà un livre qui ne va pas manquer de vous surprendre...

Les références : Guillaume Martin : Socrate à vélo (éditions Grasset). L'auteur a (au moins) deux casquettes : cycliste professionnel dans l'équipe belge Wanty et écrivain ! Après Platon vs Platoche au théâtre l'an dernier, voici un deuxième ouvrage qui entremêle malicieusement fiction et réalité : il est d'ailleurs sous-titré : "Le Tour de France des philosophes."

La présentation de l'éditeur se trouve par ici :

https://www.grasset.fr/socrate-velo-9782246815754

L'article de "L'équipe" là :

https://www.lequipe.fr/Cyclisme-sur-route/Article/Guillaume-martin-je-n-ai-jamais-dit-que-j-etais-nietzsche/984661

On sent bien le plaisir d'écrire du démiurge qui s'amuse à bousculer les codes, à casser les clichés tout en brossant des portraits de "vélosophes" réjouissants, se jouant des anachronismes et mettant en évidence le fait que les sportifs fassent appel aux forces de l'esprit en même temps qu'à celles du corps... Et je soupçonne le Guillaume d'avoir placé deux ou trois imparfaits du subjonctif rien que pour rigoler... 

Car ce livre est d'abord un énorme clin d'oeil au lecteur, une blague, une farce qui raconte entre les lignes sa fabuleuse aventure de cycliste atypique...

Un court passage pour vous faire une idée : Pascal n'a pas remporté le Tour. Qu'importe, une impression de grandeur et de félicité profonde monte également en lui au moment où il effectue ses premiers tours de roue sur les pavés des Champs-Elysées. Depuis que Nietzsche lui a révélé la mort de son dieu, l'ancien théologien s'est livré corps et âme à cet ambitieux pari : se divertir de sa condition misérable d'homme assailli par le néant en devenant cycliste professionnel.../..."

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23 janvier 2019 3 23 /01 /janvier /2019 05:00

Laurent Gaudé : Salina, Actes Sud.

Voici la présentation de l'éditeur :

https://www.actes-sud.fr/catalogue/litterature/salina

Cela dit, j'aimerais vous faire partager mon enthousiasme et mon plaisir de lecteur... Bon, Laurent Gaudé a reçu le prix Goncourt en 2004, avec "Le soleil des Scorta", ce qui veut dire un bon tirage... (argument non recevable, diront certains...) Il a commencé par le théâtre avant de bifurquer vers le roman. C'est d'ailleurs le cas pour Salina qui fut d'abord une tragédie, jouée en 2003, que l'auteur reprend donc en 2018 pour en faire une histoire puissante qui vous embarque du début à la fin... D'autant plus que nos repères habituels sont absents : pas de localisation précise ni de véritable indication temporelle, personnages légendaires, intrigue mystérieuse, etc.

Bref, vous êtes sûr(e) de vous évader de votre quotidien en suivant l'épopée de Salina...

 

 

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12 décembre 2018 3 12 /12 /décembre /2018 05:02

Penchons-nous aujourd'hui sur le livre de Françoise Coulmin : "Sans espoir, je cède à l'espoir", éditions la feuille de thé...

  1. Françoise COULMIN : Sans espoir je cède à l'espoir (La feuille de thé)

Ce livre est ce qu'on appelle une somme, une sélection, un « best of », en bon français, une anthologie personnelle. On imagine l'ampleur de la tâche pour Françoise Coulmin et les déchirements auxquels elle a dû faire face à l'heure des choix.

C'est qu'il n'est pas facile de se dédoubler, de prendre de la distance par rapport à ce qu'on a écrit soi-même. Surtout devant une œuvre aussi dense, kaléidoscopique, répartie sur près de 35 ans. « Électron libre et rebelle », (cf. présentation sur le site du Printemps des poètes), Françoise Coulmin signe ici un florilège de haute tenue, balisé par 45 poèmes « incontournables » et précédés d'une préface de Jean-Pierre Siméon, excusez du peu. Infatigable militante, elle défend farouchement la cause et la parole des plus humbles, des exclus, des réfugiés et tout naturellement des femmes. En commençant par notre aïeule Lucy : …/..Moi Lucy ultime couchée long la grande femme Afrique / premier homme / crâne ouvert aux étoiles.../... En poursuivant avec Celle qui marche.../... Enfants des cinq couleurs / je vous ai arrachés aux délires / et vous cherche un lieu sûr / pour y laisser souffler vos langues.../... Le ton est grave, presque solennel, toujours en empathie...

Cela n'empêche pas l'humour des parenthèses plus légères et très piquantes pour évoquer les banquiers, « les financhiens », les mannequins ou un certain type de poète : « intrigant, intolérant, suffisant, pompeux, pontifiant.»... Sans oublier l'évocation des racines, la géographie intime, les traces qu'on laisse sur son chemin : « Même humble / un poème abandonné tout seul / à la lune / aux renards et limaces / pourrait s'en trouver offensé. // Mais qui sait si d'aventure / quelque passant / ne l'enrichira pas de mots d'amour / pour l'aider quelque peu / à consoler le monde. //

Il est à noter que les poèmes de Françoise Coulmin bénéficient d'une large audience, comme en témoignent leurs nombreuses publications à l'étranger : Belgique, Suisse, Italie, Grèce, Québec, U.S.A., Amérique du Sud, etc. Gageons que sa poésie fraternelle contribuera à "céder à l'espoir..."

1- photo : blog biloba / 2- lalibrairie.com
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12 novembre 2018 1 12 /11 /novembre /2018 05:02

Quelques mots pour vous donner envie de lire ce livre :

Yves Barré : Quasi-poèmes (Polder 180, Décharge/Gros Textes)

Si on en juge par le titre, le propos semble délibérément modeste, mais méfions-nous, c'est peut-être une fausse piste. D'autant plus qu'à l'instar d'un Queneau, d'un Lapointe ou d'un Boris Vian, l'auteur des Quasi-poèmes entretient une grande complicité avec le/la lecteur/trice. Puits de science et de culture, il n'a pas son pareil pour farfouiller dans l'étymologie et les emplois oubliés ou inconnus de tel ou tel mot. Par exemple, celui d'aigayer, page 36. (Regardez la petite note, en bas.)

Disons-le tout net, Yves Barré casse les codes habituels de la poésie, jouant malicieusement avec le titre, parfois plus long que le poème lui-même ! (cf. page 30). Multipliant les citations en exergue... qu'on jurerait apocryphes. Éparpillant les notules de bas de page, comme pour donner plus de crédit à sa « pensée »... Voilà pour le décorum, l'écrin, dans lequel le « quasi-poème » va pouvoir s'épanouir.

Les familiers du blog ahoui avaient déjà une idée assez juste du poème barréien : de l'ultracourt, sans trait d'union (!), de la fulgurance dans le trait d'esprit, une sorte de dialogue intérieur dans lequel la deuxième voix s'apparente à celle de Jiminy Cricket ou encore à celle du lecteur. Un voyage en absurdie parfois, comme ici : Sans titre // Sans poème / non plus //, des jeux de mots détachés d'une éphéméride : « Poème pour rebattre les cartes // Belote / Rebelote / Et pachyderme », des pirouettes finales aussi stupéfiantes qu'imparables : « Mer à boire // À peine eut-il fait / quelques pas sur la mer / qu'il sombra dans l'alcool // On venait de changer / l'eau en vin. »...

Finalement, il ne serait pas étonnant qu'Yves fût un des fils (cachés) de Cavanna : même verve inventive, même souci pédagogique patent, même amour du vocabulaire et de la langue, même sens de la répartie, même explosivité du style et refus des conventions...

Ajoutons-y la « tendresse rustique » évoquée par Claude Ribouillault, le brillant « préfarcier »... Et saluons les premiers pas d'Emmanuelle Brisset chargée de la déco en première de couverture avec une œuvre originale, d'une étrange douceur, sans équivalent connu à ce jour...

 

 

 

 

 

 

1- scan / 2 et 3- dessins yves b.
1- scan / 2 et 3- dessins yves b.
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