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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 05:03

Un rapprochement surprenant pour la rubrique : "nom d'un poète !", celui d'une dame Brulet qui exerce la profession d'infirmière quelque part en Belgique et celui de l'ami Gilles Brulet, poète des Cévennes, mais pas que...

Si vous ne connaissez pas l'oiseau, visitez donc son site :

http://gilles.brulet.pagesperso-orange.fr/gilles/accueil.html

Pour illustrer mon propos, je crois bien que son livre : "Haïku mon nounours" (éditions l'iroli) pourrait être éclairant.
*

Pour me protéger

mon nounours

dort les yeux ouverts

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 04:08

Gros titre dans la presse : André Breton quitte la prison ! C'est un scoop et, pour une fois, on peut le dire : c'est complètement surréaliste !......

Ajoutons pour ceux qui viennent d'une autre planète, qu'André Breton fut une sorte de pape du surréalisme, auteur de différents Manifestes, de Nadja et de Clair de terre...

Précisons enfin qu'il est né à Tinchebray (Orne), une ville toute proche de chez nous, en 1896...

Il n'a rien à voir avec Saint-Herblain, la preuve ici : http://www.ouest-france.fr/moi-andre-breton-medecin-st-herblain-3586759

Du coup, deuxième scoop : André Breton médecin !

Soyons juste, il fut médecin militaire (cf. Gilbert Guiraud, André Breton, médecin malgré lui, éditions l'Harmattan)

*

"Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison." (A. Breton, Union libre.)

*

En octobre 1921, André Breton se rend à Vienne pour y rencontrer Sigmund, le “plus grand psychologue du temps”, mais revient fort déçu de son contact avec l’ “une des agences les plus prospères du rastaquouérisme moderne”. Au lieu du Dieu espéré, il n’a trouvé qu’un “petit vieillard sans allure qui reçoit dans son pauvre cabinet de médecin de quartier. Ah, il n’aime pas beaucoup la France, restée seule indifférente à ses travaux... " (spp.asso.fr)

1- o-f. scan / 2- musee-lam.fr / 3- o-f. scan / 4- editions-harmattan.fr
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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 04:00

Francis Jammes est le président d'une grosse société, basée à Bassens, en Gironde et spécialisée dans l'achat, la vente et l'exploitation des bois exotiques.

Eh ! oui, ce n'est pas une blague, vous pouvez vérifier par ici :

bassens.cylex-france.fr/entreprises_10337785/ets-f--jammes-s-a-.html

Il porte donc le même nom que le poète Francis Jammes que vous aviez peut-être oublié...

Petit rafraîchissement de mémoire : http://www.poesie.net/jam2.htm

Ajoutons, bien sûr, un poème en relation avec les bois exotiques. J'ai trouvé celui-là :

La gomme coule…

Francis JAMMES

Recueil : "De l'Angélus de l'aube à l'Angélus du soir"

I

La gomme coule en larmes d’or des cerisiers.
Cette journée, ô ma chérie, est tropicale :
Endors-toi donc dans le parterre où la cigale
Crie aigrement aux cœurs touffus des vi
eux rosiers.

Dans le salon où l’on causait, hier vous posiez…
Mais aujourd’hui nous sommes seuls — Rose Bengale !
Endormez-vous tout doucement dans la percale
De votre robe, endormez-vous sous
mes baisers.

Il fait si chaud que l’on n’entend que les abeilles…
Endors-toi donc, petite mouche au tendre cœur !
Cet autre bruit ?… C’est le ruisseau sous les co
rbeilles

Des coudriers où dorment les martins-pêcheurs…
Endors-toi donc… Je ne sais plus si c’est ton rire
Ou l’eau qui court sur les cailloux qu’elle fai
t luire…

II

Ton rêve est doux — si doux qu’il fait bouger tes lèvres
Tout doucement, tout doucement — comme un baiser…
Dis, rêves-tu que sur un roc vont se poser
Parmi des thyms chèvrefeuilles de blanches
chèvres ?

Dis, rêves-tu que sur la mousse, en notes mièvres,
La source pure au fond du bois vient à jaser.
— Ou qu’un oiseau tout rose et bleu s’en va briser
Les fils de Vierge et faire au loin s’enfuir les
lièvres ?

Rêves-tu que la lune est un hortensia ?…
— Ou bien encor que sur le puits l’acacia
Jette des fleurs de neige d’or sentant la my
rrhe ?

— Ou que ta bouche, au fond du seau, si bien se mire,
Que je la prends pour une fleur qu’un coup de vent
A fait tomber, du vieux rosier, dans l’eau d’ar
gent ?

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 05:03

Vous ne le saviez peut-être pas, mais il existe un assez grand nombre de viticulteurs, principalement dans les Côtes du Rhône, qui s'appellent Tardieu...

Si ça vous dit, allez par ici : http://tardieu-laurent.fr/

Le poète Jean Tardieu évoque le vin dans son recueil pour apprendre les tables de multiplication

: ".../...une bouteille de vin

quatre fois cinq vingt.../..."

J. Tardieu (Je m'amuse en rimant)

Il récidive dans cet hommage à André Frénaud :

LES MORTS

NOUS TRAHISSENT TOUJOURS

(Hommage à André Frénaud)

Je vais le voir chez lui, où il repose à présent. C'est, comme on dit, un «beau» jour. Un jour qui passe gentiment ses rayons à travers les persiennes fermées comme le facteur glisse un pli dans la boîte aux lettres.

Il est couché dans sa chambre. Près de ses meubles et de ses tableaux. L'un des plus émouvants est une peinture de Raoul Ubac, rigoureuse et sobre, semblable à ses ardoises sculptées : une forme étendue, faite de larges bandes noires et blanches : le style abstrait, mais aussi un chevalier qui vient de mourir au combat.

Je le reconnais bien là, le combattant de la sincérité, sans peur et sans illusions. Je le reconnais malgré sa pâleur, malgré son immobilité. Il s'est endormi hier matin et ne s'est plus réveillé.

Je lui pose tout bas des questions. Mais il refuse de répondre.

Voilà : il ne veut pas répondre. Pour les vivants qui l'aimaient, c'est une ingratitude absolue. Pourquoi ? Parce qu'il est parti de l'autre côté de la barricade, dans une étendue interdite où on ne parle à personne. Comme si on l'avait chassé de notre monde, très loin, au fin fond d'un pays dont nous ne connaissons ni les couleurs, ni les sonorités, ni le langage.

Et maintenant, ce mutisme soudain ! Imposé. Implacable. Celui qui parlait avec son accent bourguignon où roule le bon tambour des R. Il était de ceux qui nous semblaient les plus aptes à nous renseigner, c'est-à-dire un poète qui, par l'acuité de sa vision, par sa «claire-voyance», traduite en mots si justes et si lourds, est un de ceux qui, en somme, n'ont rien fait d'autre, durant leur vie, que parler du scandale irrémédiable de la mort.

Ils nous ont abandonnés, ces ingrats. Leur front si plein, leurs voix si joyeuses ont tout emporté, même les chansons, leurs mains si belles avec ce croisement pareil à des menottes que nous leur imposons sans leur permission, ces mains ne pourront plus nous faire aucun signe, par exemple pour nous inviter à boire un grand verre de vin, ou nous désigner les chemins à prendre, — ou à éviter.

Nous qui sommes restés sur le seuil, à attendre sans rien comprendre, nous n'avons plus qu'une ressource, c'est de partir à notre tour, sans même avoir la récompense qu'ils nous accompagnent.

(Paris, 24 juin 1993)

Jean Tardieu, Da Capo, Gallimard, 1995, p. 34-35.

_________________________________________________________________________

Terminons avec cette curiosité : Dans le village de Néant, commune du Morbihan, je n'ai pas trouvé le numéro de téléphone de madame Lamôme. A croire qu'a existe pas !...

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23 février 2015 1 23 /02 /février /2015 05:05

Ce titre est emprunté à "la langue des oiseaux". Plus de détails par ici http://lalanguedesoiseaux.fr.over-blog.com/hugo-for-ever/

Victor Hugo est un tel monument qu'on peut se permettre de le visiter à tout moment. Il y a toujours des choses à voir et des découvertes à faire...

Exemples avec ces quelques images glanées ici ou là :

1- Les vieux comme moi se souviennent des billets de 500 francs qui, du jour au lendemain, se sont retrouvés avec une valeur faciale de 5 (nouveaux) francs.

2- Plaque (ou tôle) émaillée servant de réclame pour les bouquins de Totor.

Voir Libération : Hugo superstar, ici : http://www.liberation.fr/culture/2011/04/12/victor-hugo-superstar_728528?photo_id=272566

3- Publicité pour un brasseur de Montreuil-sur-Mer. (+ idem avec Jean Valjean)

4- Hugo honoré chez les Caodaïstes, au Vietnam.

5- Victor Hugo Pena, coureur cycliste colombien et seul de son pays à avoir porté le maillot jaune sur le Tour de France.

6- Timbre à l'effigie de Victor Hugo, en 1938.

P.S. : je voulais vous mettre "L'ogre" (ou "Bon conseil aux amants"), chanté par Julos, mais je n'arrive pas à le trouver. Consolons-nous avec les paroles :

Un brave ogre des bois, natif de Moscovie
Était fort amoureux d'une fée et l'envie
Qu'il avait d'épouser cette dame s'accrut
Au point de rendre fou ce pauvre cœur tout brut

L'ogre, un beau jour d'hiver, peigne sa peau velue
Se présente au palais de la fée et salue
Et s'annonce à l'huissier comme prince Ogrousky
La fée avait un fils, on ne sait pas de qui

Elle était ce jour-là sortie et quant au mioche
Bel enfant blond nourri de crème et de brioche
Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso
Il était sous la porte et jouait au cerceau

On laissa l'ogre et lui tout seuls dans l'antichambre
Comment passer le temps quand il neige en décembre
Et quand on n'a personne avec qui dire un mot ?
L'ogre se mit alors à croquer le marmot

C'est très simple, pourtant c'est aller un peu vite
Même lorsque on est ogre et qu'on est moscovite
Que de gober ainsi les mioches du prochain
Le bâillement d'un ogre est frère de la faim

Quand la dame rentra, plus d'enfant. On s'informe
La fée avise l'ogre avec sa bouche énorme
"As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j'ai ?"
Le bon ogre, naïf, lui dit "Je l'ai mangé"

Or c'était maladroit. Vous qui cherchez à plaire
Ne mangez pas l'enfant dont vous aimez la mère

Victor HUGO.

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15 février 2015 7 15 /02 /février /2015 05:01

Dans cette rubrique "Nom d'un poète !", il arrive parfois de (bonnes) surprises...

Claude Vercey m'avait envoyé la photo ci-dessous : une papeterie Guilbaud, sise à Bordeaux.

Entretemps, je croise la poète (et peintre) Luce Guilbaud au salon jeunesse de Montreuil et je lui demande innocemment si elle n'avait pas quelques poèmes sur le thème du papier à me confier...

Elle vient de m'en envoyer plusieurs, relevés dans ses livres, plus deux ou trois inédits !...

Vous en aurez donc la primeur...

________________________________________________________________________

les mots pense-bête sur papiers volants

petites notes pour se souvenir

mais les papiers volants

ça s’envole

ça s’égare

ça s’en va

où ? on ne sait pas

on perd ses notes on perd ses mots

petits bouts de mémoire effacée

sur papiers oubliés.

Luce Guilbaud.

Par les plumes de l’alouette. Corps puce 2013

_______________________________________________________________________

Saisir une feuille et ses multiples

poser des couleurs et des mots

parce que la transparence de l’eau

transforme nos mains

parce qu’il y a des touches de violet

près du vert des feuilles

parce qu’un peu de bleu voisine

le blanc des fleurs de cerisier…

Luce Guilbaud

(inédit)

_____________________________________________________________________

Signalons au passage que Guilbaud, c'est aussi un aviateur, une entreprise de bâtiment, des viticulteurs, une marque de cheminées, un notaire, une journaliste et, sans doute etc.

-1- photo : claude vercey / -2- festrad.com / -3- essentiam.fr
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10 janvier 2015 6 10 /01 /janvier /2015 05:00
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Vous entendez Heidsieck, vous pensez champagne et vous avez sans doute raison car c'est un grand nom...

Mais, mais, mais, c'est aussi un poète qui vient d'ailleurs de disparaître récemment...

On fait connaissance : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Heidsieck

Retenons qu'il était banquier le jour et poète la nuit, inventeur de la "poésie sonore" ou "poésie-action" (cf. la vidéo ci-dessous). Je n'ai pas vraiment lu (ou plutôt entendu) le mot "champagne" dans sa poésie, mais j'ai beaucoup de lacunes en Hiedsieck !

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 04:00

C'est Claude Vercey, alias Vougeot quelquefois sur ce blog, qui a aperçu ce wagon "Wauters" et qui m'a alerté... Merci à lui...
Si vous ne connaissez pas Antoine Wauters, allez voir par ici :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Antoine_Wauters

(Les photos 1 et 2, prises par Claude également, datent de la lecture de l'auteur à Dijon.)

Pour accompagner la photo du wagon, je vous mets deux extraits de : "En six mois d'espace" :

"Maintenant que vous êtes nus, feu au feu, en la cendre la cendre, tu me viens par grâce, Sylvia. Arquée comme petite. Et tout ce que tu parviens à saisir de moi, en moi, ou à toucher entre les points jamais comblés du corps, et que tu entends et qui s’écrit ou même s’essouffle, considère-le comme la plus mince parcelle encore, mon bruissement, la poussière"

.../...

En six mois d’espace, donc, ce fut la nuit. La nuit vint. Elle monta au poumon de l’un, noyant la cage du souffle, le cœur-oiseau-marin. Elle monta en refus de boire aux lèvres de l’autre, de lui faisant trente-trois petits ligots de paille, ou fagots que je brûle en famille, je lie en ballotin au premier corps noyé, au cimetière, et je creuse la roche. Apprenant de chaque nuit, chaque départ qui me fend, à faire beauté.

Antoine Wauters, En six mois d'espace.

+ Info pratique : absent quelques jours "pour cause de poésie", comme l'écrivait Gérard Le Gouic sur la porte de sa boutique...

photos : claude vercey
photos : claude vercey
photos : claude vercey

photos : claude vercey

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19 août 2014 2 19 /08 /août /2014 04:06

Déniché récemment dans les Vosges ce garage Claudel...

On aurait préféré une cordonnerie pour aller avec Le soulier de satin ou une horlogerie pour évoquer Partage de midi mais bon...

Pour ne pas m'en tirer uniquement par une pirouette, je vous glisse une des Cent phrases pour un éventail... (quand Claudel était ambassadeur de France en Chine et au Japon)

Et puis, pour rester à la porte du garage, une chanson de Jean Boyer de 1945, chantée par tonton Georges dans sa jeunesse : "Pour me rendre à mon bureau"...

"...du Claudel, j'ai bien dit..." (Georges Brassens)

photos : flora, terebess.hu
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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 05:07

L'autre jour, sur un parking d'autoroute (on dit peut-être "aire de stationnement"), un camion bleu avec, en lettres jaunes, l'inscription : "Michaux" !...

Voilà de quoi alimenter la rubrique "Nom d'un poète !". Ben oui, quoi : Henri Michaux, poète (et peintre) belge du XX° siècle. (Plus d'infos par ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Michaux )

Pour les curieux, sachez que l'entreprise de transports Michaux est située à Sedan, dans les Ardennes.

Alors, relions maintenant les deux.
Un extrait de "La nuit remue" :

Celui qui n’accepte pas ce monde n’y bâtit pas de maison. S’il a froid, c’est sans avoir froid. Il a chaud sans chaleur. S’il abat des bouleaux, c’est comme s’il n’abattait rien. Mais les bouleaux sont là, par terre et il reçoit l’argent convenu, ou bien il ne reçoit que des coups. Il reçoit les coups comme un don sans signification, et il repart sans s’étonner.

Il boit l’eau sans avoir soif. Il s’enfonce dans le roc sans se trouver mal.
La jambe cassée, sous un camion, il garde son air habituel et songe à la paix, à la paix, à la paix si difficile à obtenir, si difficile à garder, à la paix.

Sans être jamais sorti, le monde lui est familier. Il connaît bien la mer. La mer est constamment sous lui, une mer sans eau, mais non pas sans vagues, mais non pas sans étendue. Il connaît bien les rivières. Elles le traversent constamment, sans eau mais non pas sans langueur, mais non pas sans torrents soudains.
Des ouragans sans air font rage en lui. L’immobilité de la terre est aussi la sienne. Des routes, des véhicules, des troupeaux sans fin le parcourent, et un grand arbre sans cellulose mais bien ferme mûrit en lui un fruit amer, amer souvent, doux rarement.

Ainsi à l’écart, toujours seul au rendez-vous, sans jamais retenir une main dans ses mains, il songe, l’hameçon au cœur, à la paix, à la damnée paix lancinante, la sienne, et à la paix qu’on dit être par-dessus cette paix.

***

Henri Michaux (1899-1984)La nuit remue (1935)

photo : flora + lunion.presse.fr, larousse.fr, baudoin-lebon.com
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