Pour faire un clin d'oeil à Eric et Véronique qui se marient ces jours-ci, et leur souhaiter un max de bonheur, voici un poème extrait de Chant de la pierre
tombale (éditions d'Aldébaran) :
ballade blanche
pour un phoque en peluche
le phoque en peluche
blanc a chu
au milieu de l'allée
la jeune fille
s'est levée son fétiche
est tombé
au milieu de l'allée
du salon piarra
du ferry rapide
liant nice l'île rousse
j'aurais pu me lever
interpeller la fille l'informer
mais assoupi
dans le salon piarra
du ferry pour la corse
comment identifier
la perte d'un jouet
au bruit vide
la chute d'une vie
d'enfant
la main très-bronzée
d'une femme bagues dorées
a saisi le phoque
son regard a cherché
dans les fauteuils l'enfant
mais ne l'a pas trouvé
l'a coincé
entre l'accoudoir et le bras
d'un plus très-jeune
homme assoupi
le phoque à cours d'été
a découvert le large la méditerranée
sous le comptoir du point
informations du ferry l'île rousse
nice parmi d'autres objets trouvés
envoi
la langue est rêche
graviers peut-être
sous la paupière
ce qui traverse la fenêtre
où vous épiez
la pluie
fine
et le crépuscule
avec le durcissement d'un gésier
en vous
quelque chose
un oeuf
Aujourd'hui un poème - écrit par Tristan Félix - Philippe Blondeau, le tandem de la revue La Passe, - extrait de Coup
double, récemment publié aux éditions Corps-Puce.
(L'image n'est pas en relation directe avec le poème,
c'est une représentation de Tristan Félix quand elle fait le clown... - et c'est souvent ! -)
Dans un quartier de fin de ville,
de fin de monde où l'on décroche
de gros lots de ciel par paquets,
les mots font la guerre :
on voit leurs masques
agacer aux clôtures quelque narrateur
tandis que le régisseur du vieux monde
organise sans faille l'apocalypse des signes.
On trie au triage
convois de cris, convois de feu;
suint de sueur au poil de la terre
guide le passant au chien qui veille.
Adieu,
bon vent,
derniers oiseaux.
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