Gérard Pierron, vous connaissez ?... Si la réponse est oui, vous avez de
la chance... Si la réponse est non, vous en avez aussi, car vous aurez celle de le découvrir...
C'est un chanteur résolument marginal, qui vit en dehors du "système", un défricheur de poètes oubliés, un inlassable défenseur de l'oeuvre de Gaston Couté, un "gars" profondément humain, avec un coeur gros comme ça...
Il a enregistré (relativement) récemment un double CD intitulé "Plein Chant" qui est une véritable pépite pour les oreilles.
Gérard Pierron y est entouré magistralement par deux groupes de musiciens de la région de Grenoble, Kordevan et Djal. C'est vraiment un "accompagnement" royal, riche et sensible à la fois.
(Les deux images ont été "captées" sur le site de Pierron. La première reproduit la pochette, avec un dessin d'Ernest Pignon-Ernest, excusez du peu; la deuxième donne une idée de "l'ambiance" du spectacle à Voiron...)
(Merci à Martine du schmilblick et à Sarkostique pour les images)
Ca : - Tu es prête à appuyer sur le "buzzer" ?
Cé : - Oui, je suis prête...
Ca : - Comment définir ton ex ?
Cé : - Un petit pois sauteur.
Ca : - T'as vu ma bague ?
Cé : - Pauvre pomme, j'ai la même !...
Ca : - Quand est-ce qu'on se marie ?
Cé : - Un peu avant le divorce...
BRAISE
Embouteillage sur le périphérique et dans la région du cœur à l’approche du théâtre. Rouge et gris, le théâtre, et moulé à l’ancienne. Des gens assis en rond, à parler fort en l’attendant. Et puis le silence avant la houle qui se lève quand elle entre dans le cercle.
Et tout de suite sa voix qui vous transperce et vous embarque. Au bout du rêve, au bout du monde. Mélange d’eau et de feu, tour à tour murmure, étincelle, torrent, incendie, fleuve, brasier, tempête…Le cœur qui vrille, les yeux qui brillent.
Un oiseau de race : l’œil noir, les cheveux de jais, la patte repliée façon flamant rose ou héron à l’affût. Bienheureux les poètes qui l’ont rencontrée : son cri d’amour lance leurs chansons plein volume jusqu’à des balcons qui touchent le ciel.
La voilà qui donne encore et se donne sans calcul, qui se casse en deux et s’abandonne au plaisir de vivre. Délaissant un instant les violons, les percussions, le piano, ses musiciens l’applaudissent… Elle vient les embrasser. L’amour est contagieux. Elle sourit comme en s’excusant du bonheur partagé. La salle est debout.
Elle revient seule pour un ultime cadeau. C’est Cadou qui disait : " On ne guérit pas de son enfance. " Chacun repart affronter les embouteillages du quotidien avec un petit peu plus de braise au fond du cœur.
[ Catherine RIBEIRO aux Bouffes du Nord - février 1995 -]
- Alors, ça vote par chez nous ?
- Moins qu'aux présidentielles.
- Eh ben, y'en a des candidats !
- Et d'aucuns, qu'on ne connaît même pas !
- Pas sûr qu'il y ait un deuxième tour...
- Sûr que c'est pas sûr.
