Un bon livre, peut-être ?

Dimanche 20 décembre 2009 7 20 /12 /2009 05:42
(Image Internet : lecturesdalexielle)







Je suis toujours en retard d'une guerre (ou deux) : ce livre de Philippe Claudel : Le rapport de Brodeck avait remporté le Goncourt des lycéens en 2007.

En cherchant un peu, vous trouverez facilement des sites qui vous donneront un résumé ou une critique de l'ouvrage.

Quant à moi, je voudrais juste vous donner deux ou trois impressions qui vous inciteront peut-être à le lire. (C'est quand même l'objectif de cette rubrique...)

Une histoire douloureusement belle, qui prend appui sur la grande Histoire, au moment de la deuxième guerre mondiale.

Une maîtrise du récit telle que chaque chapitre est comme une pierre, celle d'un maçon qui bâtirait sa maison. Le roman se construit pas à pas, au fur et à mesure que le narrateur, Brodeck, rédige son fameux "rapport". La progression s'effectue d'ailleurs par petites touches, avec de nombreux retours en arrière qui entretiennent le suspense et nous laissent présager le pire.

Une pudeur extrême pour dire l'indicible, à savoir les horreurs de la guerre ou les grandeurs et les faiblesses de la nature humaine. Tout est suggéré. Pas de lieu précis, pas de date. Camp de concentration, viol, massacre, lynchage sont des réalités tangibles dans ce livre mais ce sont des mots qui ne sont pas prononcés... Confiance totale est faite à l'intelligence du lecteur.

Un rapport à la nature omniprésent et des pages qui apparaîtront, par contraste, comme "poétiques". Ainsi ce court extrait du chapitre 23 :
".../...Poupchette* hissée sur mes épaules lançait son bavardage aux nuages. Elle leur parlait comme s'ils avaient pu la comprendre. Elle leur disait de se pousser, de rentrer leurs gros ventres, de laisser le soleil seul dans le grand ciel. L'air descendu des montagnes donnait à ses joues une roseur toute fraîche.
Je tenais la main d'Emélia.** .../...Ses yeux semblaient être des papillons, des merveilles mobiles allant çà et là sans raison profonde, comme entraînés par le vent, l'air transparent, mais qui ne songeaient à rien de ce qu'ils faisaient, ni de ce qu'ils voyaient.../...
"

* Poupchette est la "fille" de Brodeck.
** Emélia est sa femme, aveugle et "simple."



Par Jean-Claude Touzeil - Publié dans : Un bon livre, peut-être ?
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Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /2009 05:00

































(Images Internet : gauche, mollat.com
droite : chapitre.com)




Entre l'image de droite (première publication aux éditions de l'Arbre en1982 et 1984 ) et celle de gauche (couverture de l'édition actuelle, parue en 2006 -L'idée bleue / Le farfadet bleu-), s'intercale une édition "maison", c'est-à-dire Au pied de la lettre, en 2000.

La hulotte n'a pas d'culotte de Jean Féron*, est, - le titre le laisse pressentir -, un livre jubilatoire dans lequel le cocasse le dispute au désopilant. On rit ou on sourit pratiquement à chaque page...
Dans une sorte de bestiaire familier et universel, on s'amuse avec les mots, les sons et les rimes jusqu'à plus soif comme dans "Hippopotamuses", "La pie" ou encore

"Le dindon" :

"Allons donc

s'indigne le dindon
voilà encore le père Noël
qui se radine !


- Il va falloir
se le farcir pour dîner
dit la dinde"


Ce qui n'empêche pas les remarques tendres ou malicieuses, comme dans "Le lièvre" ou "Le coucou".

Les illustrations de Maud Legrand sont très originales : faites de plumes et de broderies, elles correspondent bien à la recommandation de la 4ème de couverture : "Pour lecteurs à partir de 5 ans et jusqu'à plus que centenaires."

* Jean Féron nous a quittés en juin dernier.


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Mardi 29 septembre 2009 2 29 /09 /2009 05:10

 

Je viens de lire un roman - Enclave, de Philippe Carrèse, éditions Plon - qui m'a bien plu et que je vous recommande chaudement. Un livre terrible, cruel et puissant. Le genre de bouquin qui vous "prend aux tripes" et que vous ne lâchez plus avant de l'avoir fini...

 

Frédéric Legrand, sur 20minutes.fr en fait un assez bon résumé que voici :

 

Une « République » peuplée de prisonniers

L'avènement d'un tyran, alors même que le peuple vient de retrouver sa liberté.

Dans son nouveau roman Enclave, Philippe Carrese poursuit le chemin qu'il avait déjà tracé dans ses scénarii pour la télévision : des fables universelles sur la condition humaine, au travers de destins ballottés par l'Histoire. L'artiste multicarte marseillais (écrivain, réalisateur, musicien) nous entraîne cette fois vers les Carpates, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Tapi dans une forêt profonde, coupé du monde par la montagne, le camp de travail de Medvedi se réveille un matin, sans gardiens. Les nazis ont fui l'avance soviétique, minant tous les ponts, isolant totalement leur centaine de prisonniers de cette guerre finissante. Les hommes, employés pour fabriquer des cercueils destinés au front de l'Est, les femmes, chargées de distraire les officiers SS et d'élever des « enfants aryens » kidnappés dans les territoires occupés, se retrouvent livrés à eux-mêmes. Mathias, un des jeunes garçons du camp, consigne sur des cahiers la lente gestation de la « république démocratique de Medved », dominée par Dankso, le cuistot. D'abord chef par nécessité, l'ex-prisonnier succombe peu à peu à l'ivresse du pouvoir, jusqu'à dépasser en atrocités ses anciens geôliers. Exploitant jalousies entre classes sociales, tensions raciales et sexuelles au sein du camp, Dankso crée un mélange entre royaume féodal et dictature totalitaire, hanté par la présence fantomatique des nazis, restés dans le camp par le biais de leurs chats. En un roman qui se lit d'une traite, Carrese nous interroge sur le despotisme. Et, surtout, sur la responsabilité des hommes libres qui, par lâcheté, méconnaissance ou épuisement, le laissent prospérer. 

                                                                                                                                                                Frédéric Legrand

 

Lire aussi une interview de Philippe Carrèse à propos d'Enclave sur bibliosurf.com

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Mercredi 23 septembre 2009 3 23 /09 /2009 05:34



(Images Internet : à gauche, plug59.free.fr
à droite, renaud-bray.com)


Voici un tout petit livre très réjouissant,
Vie et opinions philosophiques d'un chat,
d'Hippolyte Taine, éditions Rivages Poche.
(L'édition originale était illustrée par des dessins de Gustave Doré.)

A travers les yeux du narrateur, un très jeune chat élevé dans une ferme, l'auteur en profite pour "philosopher". Les pensées de l'animal, souvent pragmatiques et terriblement cruelles, succèdent à des événements de la vie rurale tout à fait "ordinaires". L'occasion de réflexions sur le pouvoir, la relativité, la morale, la vie, quoi...
"J'ai beaucoup étudié les philosophes et les chats. La sagesse des chats est infiniment supérieure."

(N.B. : ce petit article est dédié à monsieur Apache qu'on doit retrouver sur ce blog :
http://schmilblick.over-blog.fr).


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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /2009 05:27
(Image Internet : impulsions.org)


Vénus Khoury-Ghata, écrivain(e) d'origine libanaise, vit en France depuis déjà longtemps.
Son oeuvre littéraire, très abondante, couronnée par de nombreux prix et traduite en une douzaine de langues, se partage entre nouvelles, roman et poésie.

Voyage du cerisier est un modeste recueil de poésie, paru en 2003 chez Contre-allées (73 avenue du Président Auriol 03100 Montluçon).
Des poèmes terriblement beaux et douloureux à la fois.

Le soleil était épineux lorsque la mère planta l'enfant dans la terre de retour chez elle
elle démantela la maison
lava les murs dans le fleuve comme elle le fait du linge
les sept cailloux lancés contre le ciel lui revinrent enrobés de leur bruit
Un caillou sur la langue du vent médisant
quatre cailloux pour fixer le toit de la réserve
appuyé sur sa bêche
le jardinier est aussi seul que l'arbre qui le regarde


En illustration sonore (si ça marche !), un poème de Vénus, Les hommes et les cigognes, chanté par Gérard Pitiot dans l'album Vues d'ailleurs pour mots d'ici.

 



Par Jean-Claude Touzeil - Publié dans : Un bon livre, peut-être ?
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