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7 septembre 2007 5 07 /09 /septembre /2007 07:00

BRAISE

 

Embouteillage sur le périphérique et dans la région du cœur à l’approche du théâtre. Rouge et gris, le théâtre, et moulé à l’ancienne. Des gens assis en rond, à parler fort en l’attendant. Et puis le silence avant la houle qui se lève quand elle entre dans le cercle.

 

 Et tout de suite sa voix qui vous transperce et vous embarque. Au bout du rêve, au bout du monde. Mélange d’eau et de feu, tour à tour murmure, étincelle, torrent, incendie, fleuve, brasier, tempête…Le cœur qui vrille, les yeux qui brillent.

Un oiseau de race : l’œil noir, les cheveux de jais, la patte repliée façon flamant rose ou héron à l’affût. Bienheureux les poètes qui l’ont rencontrée : son cri d’amour lance leurs chansons plein volume jusqu’à des balcons qui touchent le ciel.

 La voilà qui donne encore et se donne sans calcul, qui se casse en deux et s’abandonne au plaisir de vivre. Délaissant un instant les violons, les percussions, le piano, ses musiciens l’applaudissent… Elle vient les embrasser. L’amour est contagieux. Elle sourit comme en s’excusant du bonheur partagé. La salle est debout.

 Elle revient seule pour un ultime cadeau. C’est Cadou qui disait : " On ne guérit pas de son enfance. " Chacun repart affronter les embouteillages du quotidien avec un petit peu plus de braise au fond du cœur.

 [ Catherine RIBEIRO aux Bouffes du Nord   - février 1995 -]

 

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commentaires

G
oui, j'avais bien compris le but du papier. c'est juste qu'il m'a rappelé ça, son immense desarroi devant une carrière qui partait en vrille.

Je redoutais quelque chose comme pour Andrée Simons, une jeune chanteuse belge que j'aimais beaucoup, qui s'est suicidée dans la trentaine.
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J
C'est vrai qu'on peut toujours craindre le pire avec "la" Ribeiro, éternelle écorchée vive...
G
La dernière fois que j'ai entendu parler de Catherine Ribeiro, c'etait chez Foulquier, elle avait fait des tentatives de suicides et elle etait desespérée... et la gentillesse pataude de Foulquier n'y pouvait pas grand chose.
Mais je pense que c'etait bien après 95 ... donc, je sais pas , je ne n'ai plus rien su d'elle depuis cette date.

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J
Il existe un site qui lui est consacré. Il semble qu'il y ait des projets pour la fin de l'année...
(Mon petit "papier" n'avait pas d'autre but que de garder en mémoire ces moments d'exception.)
Y
J'aime bien que l'amour soit contagieux – au sens que tu lui donnes.Je rêve de pandémie.
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J
Moi aussi. Alors rêvons...
A
Mon gendre dira sûrement : "braize" certes, mais...braise à tao !
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J
A moins qu'il ne s'écrie : Ouais, génial !...
T
Je me souviens avoir vu une larme dans ton oeil, ça m'a fait tout bizarre...
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J
Je n'étais pas le seul à être ému...