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10 avril 2021 6 10 /04 /avril /2021 04:00

"La camarde nous poursuit d'un zèle imbécile.../..." chantait tonton Georges dans sa Supplique... En ce moment, c'est du harcèlement ! Pas possible, la faucheuse fait des heures supp' !...

Début avril, nous avons appris la disparition de Jean Foucault. Poète, éditeur, chercheur, animateur, lecteur, il bâtissait sans cesse mille projets à la fois. Il a pu en mener à bien un très grand nombre dans la région d'Amiens et le département de la Somme, mais aussi en Afrique (Bénin, Rwanda) et au Brésil notamment. Dans un récent courriel, Jacques Fournier lui rend ainsi hommage :

J'apprends ce matin le décès de Jean Foucault et je suis triste.

Il était un de ces agitateurs en poésie, incapable de s'arrêter, fourmillant de projets, d'idées, entraînant avec lui poètes, plasticien.nes, photographes, éditeurs, anonymes, pensant poésie dans tous ses actes : écriture, édition (il avait créé et dirigé les éditions Corps Puce), engagement social et politique (un aspect de lui que je n'ai connu qu'à travers ses appels à événements - principalement situés en Picardie, là où il avait créé une Maison de Poésie sans murs), ses publications collectives, riches de cent voix criant, hurlant ou murmurant.

Parce que, comme encore trop peu d'humains, il pensait que la poésie avait son rôle à jouer dans la construction de l'humanité.

Je l'ai connu dans son engagement à conserver les écrits des jeunes, vaste et utopique entreprise à laquelle il consacrait beaucoup de son temps, sûr de leur valeur tant pour le présent que pour le futur.

J'avais pris beaucoup de plaisir à préfacer son recueil de « Comptines de la pomme de terre », la mal aimée qu'il a défendue avec la même fougue qu'il mettait à défendre les réfugié.es, les sans-abris auxquel.les il donnait parole parce que la parole est un droit.

Il fut, à sa mesure, « la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche », appliquant ainsi au quotidien l'attitude même d'Aimé Césaire.

Son débordement pouvait en excéder certain.es - moi compris - par son trop plein, sembler parfois opportuniste, mais il y mettait tant d'entrain qu'on faisait vite la part des choses.

Il a été le premier à me faire intervenir dans un colloque sur l'écriture pour la jeunesse.

J'avais pleuré à la lecture de Quand la mère se retire, Soc & Foc, 2007.

J'ai été, un temps, ministre (je ne sais plus de quoi) de son Mouvement Universel des Poésiens.

J'ai eu le plaisir de voir un de mes recueils publié dans sa petite entreprise.

Et je l'en remercie encore.

Salut Jean.

(Jacques Fournier).

Il est venu plusieurs fois à Durcet en 2005 et 2009 (cf. photos 1 et 3) où il a semé sur sa route des graines de poèmes restés inédits. En voici quelques-uns :

Un premier souvenir d’Athis-de-l’Orne

Quéruel et Sonofoque

Deux jolis noms de plaques d’égout

Dans la rue des Écoles

 

Quéruel et Sonofoque

Aspirent le monde

Écoulent le temps

 

Quéruel et Sonofoque

Me regardent m’éloigner

Par les petites ruelles

 

J’aspire moi aussi

J’aspire aux mondes animaux

 

****************************

Moignons de haie

Désespérés

La petite cour des miracles

Défile,

Indienne.

 

L’abatteur du village

Doit être heureux.

 

***************************

Le poème est-il terminé ?

On me demande cela

Car on croit que le poème

Est un produit fini

 

Mais qu’est-ce qu’un poème ?

 

Le poème est

Un produit infini

 

Il est si fragile

Que j’ai peur de l’achever

En y mettant trop de forces

 

Je suis trop sensible

Alors je me contente

Du poème inachevé

 

Jean FOUCAULT

 

Extraits de Durcet-sur-Printemps

 

(Poésie sans recul)

 

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1- photo : daniel clérembaux / 2- somme.fr / 3- photos : époux barré / 4- printempsdespoetes.com /
1- photo : daniel clérembaux / 2- somme.fr / 3- photos : époux barré / 4- printempsdespoetes.com /
1- photo : daniel clérembaux / 2- somme.fr / 3- photos : époux barré / 4- printempsdespoetes.com /
1- photo : daniel clérembaux / 2- somme.fr / 3- photos : époux barré / 4- printempsdespoetes.com /

1- photo : daniel clérembaux / 2- somme.fr / 3- photos : époux barré / 4- printempsdespoetes.com /

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commentaires

Y
Tu nous donnes de belles images du passage du poète à Durcet.
Salut Jean.
Répondre
T
Merci. Il en reste d'autres, glanées au long des rencontres...
M
Un grand respect envers ce poète . Merci de lui rendre cet hommage.
Répondre
T
@ Geneviève Buono (juste en dessous) : merci pour votre émouvant témoignage qui vient s'ajouter aux nôtres... C'est un bel hommage de plus...
G
Situé dans la Somme, le village natal d’Antoine Galland nous accueillit chaleureusement ce soir d’hiver où nous y avons donné notre spectacle Mille et Une Nuits. Souvenir bien émouvant, nous étions invités à l’initiative de Jean Foucault, et le sympathique poète picard faisait partie de l’assistance… Le froid était vif à Rollot, mais la neige qui tombait sans interruption n'avait pas amoindri l'intérêt des habitants pour leur illustre ancêtre... Ni celui de Jean, curieux, comme toujours de découvertes inattendues.
Non, Jean, nous ne t'oublions pas...
T
Je sais qu'il est difficile d'apprécier un poète qu'on ne connaît pas, ou pas encore... Je sais aussi (merci, Brassens !) qu'ils sont tous "de braves types / une fois qu'ils cassé leur pipe !"...Cela dit, ce qu'ils ont fait, ou dit, ou écrit, continue de nous interpeller...
T
il faut saluer car on ne saluera pas ou peu ailleurs : ses mots restent ...
Répondre
T
Oui, ses livres sont très nombreux, chantant la pomme de terre, la betterave ou les sans-papiers !...
B
un gentil joueur de mots
Répondre
T
On peut dire ça, mais la palette de ses activités s'en trouverait réduite. Toute l'année, il "débordait" de projets poétiques, toujours surprenants...