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8 juillet 2016 5 08 /07 /juillet /2016 04:06

Ce petit billet est dédié à Marie-Hélène, partie danser avec les vagues sur la côte sauvage... ainsi qu'à de fidèles lectrices de ce blog, vivant du côté de Ploudal...

*

Les deux mots du titre ne sont pas, à proprement parler, du breton pur sucre, mais on les entend souvent "à Brest même" et dans tout le Finistère nord...

Le premier (ribine) désigne un mauvais chemin de terre, genre sentier des douaniers le long de la côte, ou une petite route gravillonnée, souvent très pentue... Par malice pure, on s'ingénie à en dénicher une ou deux pour pimenter le programme de certaines courses cyclistes. Des locales, bien sûr, mais aussi des nationales, voire plus...

Un exemple :

"Longtemps je me suis couché de bonne heure, la tête encore enveloppée du souvenir diffus des effluves des ribines, parcourues l'après-midi même, jambes tétanisées, muscles endoloris et le coeur plus palpitant qu'une bête affolée, poursuivie par la meute d'une chasse à courre..."

(Marcel Proust, Pastiches et mélanges)

Le deuxième (brujune) échappe à toute définition classique, mais essayons quand même : vous connaissez la recette du kig-ha-farz ? Non, alors Bernard va vous expliquer ici : http://www.lacuisinedebernard.com/2011/03/le-kig-ar-farz.html#

Bon, vous pouvez servir le "farz" en tranches, mais aussi en une sorte de semoule qu'on appelle justement brujune...

Voilà pour le sens premier, mais le mot peut simplement désigner des petits morceaux de rien du tout, des miettes, quoi.

Exemple :

"- Gast ! Soizig, sers-nous donc quequ'chose à manger !...

- Oui, not' bon maît', j'fais réchauffer les brujunes..."

(Hippolyte Violeau, Les pauvres dans les campagnes.)

1/2 - tignon.andre.free.fr / 3- letelegramme.fr
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4/5 - wikipedia.org
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Published by Jean-Claude Touzeil - dans La vie des mots
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commentaires

Yves 09/07/2016 23:32

La recette est déjà un voyage.

Topa 10/07/2016 07:44

C'est quand même un plat de pauvre qui tient au corps...

Marijo 09/07/2016 17:18

Superbe dessin de Nono ! Cela me rappelle que j'ai eu autrefois comme voiture une "Ford Riboul", ainsi renommée par quelques copains.
A part ça, le farz blanc (de froment) se coupe en tranches, alors que le farz noir (de blé noir) se brujune. Un bon kig-ha-farz doit avoir les deux. .

Topa 10/07/2016 07:42

Merci Marijo, pour tes précisions venues du terrain...

(En Normandie, on cuisine de la bouillie de sarrasin que l'on coupe en fines tranches, un peu comme on procède avec la polenta. On les fait parfois revenir à la poêle. On les appelle alors des "poissons"...)

Minik do 09/07/2016 07:41

Dure à digérer
les brujunes
à l'heure du p'tit déj' :-)

Topa 10/07/2016 07:35

Il vaut mieux prévoir le kig-ha-farz pour un soir d'hiver, en effet...

thé âche 08/07/2016 11:30

les mots cachent bien des choses et les révèlent entre autre des mets alors une voyelle l'autre ça me met en appétit

Topa 10/07/2016 07:34

Alors bon app' !...

(Ce plat est succulent, un peu roboratif peut-être...)