Seizième (et dernière) balise : venu des Alpes en catimini imperméable d'un bleu particulièrement soutenu, Yves Artufel termine la série de l'édition 2008 du "chemin". Son poème "Perce-neige" préfigure la météo que nous aurons le lendemain...
PERCE-NEIGE
Partir très près avec sa quarantaine
pique-niquer au fil du temps
sur la rive d’un minuscule ruisseau
un poème dans les dents
se dire qu’il fait beau
en pluie de banalité de dire
le bleu profond des gentianes printanières
l’endroit où reposent des morts
l’enneigement de nos amours
qui de fils éphémères en sillons brumeux
dansent dans les branches
mordent le vent
Yves ARTUFEL
(inédit )
Balise 15 : la nuit tombe vite en avril...
Henri Chevignard est bien là pour lire son haïku...
Rester encore
Après le feu d’artifice
Pour les étoiles
Henri CHEVIGNARD
(Anthologie Ailleurs
20ème Printemps de Durcet
Cotcodi)
Est-ce que, quand elle change de fuseau, la Belle au Bois Dormant supporte bien le décalage horaire ?
(images Internet : en haut, jolidco; en bas, medi-furst)
Quatorzième balise, dans l'avenue du château... Peut-être que les arbres nous
protègent un peu ou peut-être qu'il ne pleut plus...
en lisant un extrait de "...j'ai suivi l'oiseau..."
…/…
j’ai suivi l’oiseau qui m’avait dit ton nom
il était venu m’appeler alors que je somnolais
contre la paroi du jour
j’ai traversé le miroir grimpé les montagnes
pour les redescendre
et je te suis venu t’apportant une étoile d’émeraude
mon encens et ma myrrhe
Vinod RUGHOONUNDUN
(extrait de La saison des motséditions La Maison des Mécènes)
Où le chardon devient mésange
quelque chose du miracle de vivre
s’est mis doucement en chemin
avec le vent la rose et le lupin
avec ce bleu retenu par les mains
un matin de luzerne et de bonne aventure
simple comme l’été tendre comme le pain
et c’est ce bout d’espoir qui flambe
à l’horizon des blés et des corbeaux
quand la folie a semé ses mots
dans les blanches marges du poème
Jean-Pierre NICOL
(Entre l’oiseau et le vent
éditions Ecbolade )
Un haïku "pondu" récemment, après un passage à Châtillon-en-Dunois (28).
Le TGV passe
Sur les flancs de ce village
Rue des chevaux maigres
Balise n° 12 : on garde les impers au cas où...Venu de Compiègne, Alain Leblond lit un extrait de Ouï...
JAMAIS DE LA VIE
Jamais de la vie je n’irai revoir
Là-bas si j’y suis
Sur les chemins où s’encaisse l’enfance
Au bord des talus s’enfonçant perdue
Au cœur des lourds dimanches révolus
Où seuls les gris de la vie s’ingénient
À m’embrouiller tel un ciel piétiné
Jamais de la vie je ne pourrai croire
À l’impossible matière des jours
Modelés à coups de pieds dans la boue
À coups d’ennui qui me furent infinis
Jamais de la vie je n’y remettrai
L’épié
Alain LEBLOND
(extrait de Ouï)
